28 septembre 2006
Fantômes - Toby Litt
Paddy et Agatha ont quitté Londres pour s'installer dans cette maison qui a su les séduire sur le champ. Agatha était pleine de l'attente d'accoucher de son deuxième enfant. Le couple était heureux, confiant. Puis, survient L'événement. C'est là que le couple doit n'être qu'un seul bloc pour affronter la douleur et l'horreur, mais non. Agatha et Paddy deviennent deux étrangers qui partagent le même toit. Agatha a soudain des hallucinations, comprend que la maison lui parle, qu'elle respire et lui souffle des messages, rien que pour elle. Mais l'expliquer à son époux complique la discussion et creuse le fossé qui les sépare. L'aversion muette de Paddy prend naissance. Il assiste, impuissant, à la folie croissante de sa femme. "Les choses avaient beaucoup changé depuis leur installation dans la maison" est une phrase extraite du roman qui cristallise le poids de cette maison au bord de la mer dans la vie d'Agatha et Paddy.
Car la maison est devenue le cadre du cocon, le lieu de sécurité où Agatha se sent aimée et apaisée, capable de continuer et de surmonter l'épreuve. C'est en gros le symbole du foetus dans le ventre de sa mère. Cela se rejoint : Agatha vient de perdre son bébé, sa maison la couve. Mais d'un autre côté, la maison projette des ombres inquiétantes : illusion de fantômes, périodes d'absence pendant lesquelles Agatha ne se sent plus exister. C'est finalement le fond du roman : chimère, rêve et mirage entre le réel et le fantasme constituent la pâte à tarte de ce roman visionnaire. En fait, Toby Litt s'est inspiré de sa propre histoire et du désespoir de sa femme Leigh qui a fait trois fausses couches. En 60 pages, l'auteur raconte cette douloureuse expérience, sous la métaphore d'un lièvre, un "animal-idée-littéraire", pour une bien étrange introduction, fantaisiste mais incroyablement émouvante. Le roman qui suit, "fantômes", se base donc sur ce point de départ et l'auteur réussit un exercice difficile : se placer dans le corps d'une femme, comprendre sa détresse, raconter sa dépression. Il part ensuite en divagation, n'hésite pas à piquer quelques idées dans les romans victoriens, et chez Henry James ou même chez Madame V. Woolf (le passage sur les vagues y faisant immanquablement penser). Enfin bref, c'est un roman déroutant, c'est vrai. Mais c'est également sensible, complètement onirique et élaboré dans la psyché féminine. Pas mal, quoi.
Panama
19:15 Publié dans Roman étranger | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
26 septembre 2006
La liaison - Anna Dillon
Au départ on pense que "La liaison" est un roman qui traite de l'amour à trois, sous la forme de l'infidélité dans le couple, du mari menteur, de la femme trompée et de la maîtresse pétillante et naïve. Mais dans le roman d'Anna Dillon, l'histoire se passe sur un compte à rebours : du 19 décembre à la veille de Noël, les trois protagonistes de cet embroglio amoureux, vont raconter l'histoire de cette adultère. On suit premièrement les doutes de Kathy qui piste son mari et qui cherche à comprendre pourquoi son mari la trompe, pourquoi elle n'a rien vu. On poursuit avec Robert qui se débat pour sauver sa petite société, se sentant affreusement seul et incompris dans son foyer, le temps et la lassitude ont conduit l'homme à chercher un réconfort ailleurs. Et ainsi Stéphanie, célibataire indépendante et femme brillante, a cru ce mari délaissé, lui a donné son soutien et surtout un amour fou et passionnel.
Voilà, c'est flippant ! Quand on lit ce roman, on s'aperçoit qu'à tout bout de champ, on peut se sentir concerné et il devient difficile de prendre position pour l'un ou l'autre. Ils ont tous trois des arguments défendables et c'est agaçant à la longue. Pourquoi l'épouse est aveugle, pourquoi l'homme est lâche et pourquoi cette pétillante célibataire est si disponible ?! Il est impossible de prendre parti et le lecteur se laisse prendre au jeu, dévorant page après page le constat de cette liaison si réaliste. C'est pour cela que ce roman ressemble à une fine analyse de la vie actuelle chez les couples ordinaires, tous concernés par une aventure de passage, ou plus. La plaidoirie des trois concernés est tout autant affligeante, excusable ou regrettable. Mais ça sonne vrai, brrrr.
A propos, Anna Dillon est en fait le nom de plume d'un auteur irlandais, Michael Scott. Une suite va paraître en Octobre : Répercussions.
Hugo éditions
15:10 Publié dans Roman étranger | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
22 septembre 2006
Le mec de la tombe d'à côté - Katarina Mazetti
Désirée et Benny vont finalement tomber dans les bras l'un de l'autre, avec une considérable poigne, une envie folle et déraisonnée, un besoin de sexe, tout court. Leur entente sur ce terrain est indiscutable : ces deux-là s'embriquent, se comprennent, savent toucher là où il faut. Par contre, dans la vie ordinaire, Désirée et Benny vivent sur des petites étoiles à des années lumière l'une de l'autre et doivent s'appliquer à construire un pont pour se rejoindre. Cependant, ils n'y parviennent pas; au lieu de jeter des passerelles au-dessus des ravins, ils s'y précipitent mutuellement ! Leur histoire est fichue d'avance : Désirée est bibliothécaire, elle est citadine, indépendante et cultivée; Benny travaille la terre, s'occupe de ses vaches, vit dans la maison de ses parents, vieillotte, sale et en pleine campagne, et il lit un livre par an. Tous les deux sentent bien, au fond d'eux et sans l'admettre à voix haute, que leur amourette est fichue d'avance, qu'il n'y a pas d'avenir en commun, mais ces deux-là s'aiment, entortillés l'un dans l'autre, ils se chamaillent aussi et se réconcilient. Combien de temps cela va-il durer ?
Si vous cherchez un remède pour combattre la morosité, je vous suggère de lire ce livre ! Je l'ai trouvé, en vrac : romantique, fou, actuel, coquin, humoristique, cocasse et virtuose... Non franchement, j'ai savouré cette lecture ! Elle part d'un sujet sur la difficulté des couples à s'adapter, sur la faculté de vivre avec un autre différent de soi, de concilier des différences et de franchir le fossé qui creuse les frontières; cela parle évidemment d'amour et de relations à deux. Et cette histoire est tout à fait loin des clichés mielleux et qui font fleur bleue. Ce roman a été un succès en Suède, pays de son auteur Katarina Mazetti, et je lui souhaite un accueil tout aussi chaleureux chez les lecteurs français : une lecture pour se détendre, pour rire, pour chavirer... bref emparez-vous de lui !
Gaïa
19:45 Publié dans Roman étranger | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
20 septembre 2006
La fille du Cannibale - Rosa Montero
L'histoire folle de Lucia commence dans un aéroport, à la veille d'un embarquement pour Vienne, afin d'y fêter la nouvelle année. Lucia et Ramon sont mariés depuis dix ans, la flamme est éteinte depuis un bail, et c'est d'un regard goguenard et agacé qu'elle suit son mari aller aux toilettes quelques minutes avant l'appel. Or, les minutes passent et Ramon ne revient pas. En clair : il a disparu ! Paniquée, proche de la démence, n'y comprenant plus rien, Lucia va apprendre que son époux a été kidnappé par un mouvement indépendant, qui réclame une forte somme d'argent en échange de sa libération. La police est impuissante, Lucia prend en charge d'aller sur le terrain pour débusquer la vérité, mettre la main sur Ramon et se sortir de ce cauchemar. Elle sera secondée par son voisin Felix Roble, un vieillard de 80 ans, ancien pistolero, anarchiste révolutionnaire et torero, et aussi par Adrian, jeune homme de 21 ans, paumé, mystérieux mais incroyablement séduisant. Lucia a le coeur qui s'emballe, la tête fiévreuse et les sens en alerte. En s'embarquant dans cette quête, cette femme de quarante ans n'imaginait pas qu'elle allait parcourir un long, douloureux et irréversible chemin.
Lucia va croiser de vilains truands, négocier une rançon bien mal acquise, jouer un rôle auprès de la police, prétendre être ce qu'elle n'est pas. Mais ses compagnons sont de fidèles acolytes qui vont la guider et l'aider à garder la tête hors de l'eau, que ce soit par la confession des souvenirs de Felix, autrement dit Fortuna, ou par la séduction dangereuse d'Adrian. Dans le fond, ce kidnapping va permettre à Lucia de se dévoiler la face, de fouiller sa mémoire pour sortir de l'enfance et des images de ses parents. « La fille du Cannibale » est un titre qui fait peur, mais le cannibale en question n'est qu'un acteur de second plan. Son anthropophagie est plus exactement une voracité autrement inquiétante : il dévore ses femmes d'un amour totalitaire, il les mange à petits feux, de sorte qu'elles lui sont acquises, dévouées, bafouées. Mais le Père-Cannibale est, au contraire, un homme différent du souvenir que Lucia a conservé. En voulant retrouver Ramon, Lucia va en fin de compte se trouver elle-même, dans le dédale de ses perditions, de sa crise de la quarantaine, dans le souci de ne plus plaire, de vieillir, de perdre la beauté, d'échapper au temps qui passe.
« La fille du Cannibale » est en somme un roman formidable, à la fois initiatique, policier, drôle et pertinent. Son personnage de Lucia Romero, écrivain de contes pour enfants, est un drôle de bout de femme, attachante et lucide, accrochée à des illusions, des faux-semblants. Son histoire est captivante, palpitante, parfois angoissante. L'auteur Rosa Montero est habile dans son intrigue, dans le portrait de ses personnages et dans la véracité de décrire l'époque cahotique de l'Espagne du 20ème siècle, et le monde taurin. En un mot : adrénaline assurée !
Métailié
11:06 Publié dans Rentrée Janvier 2006, Roman étranger | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
12 septembre 2006
La traversée de l'été - Truman Capote
L'héroïne de "Summer Crossing" s'appelle Grady McNeil, elle a 17 ans et vit dans un appartement qui surplombe Central Park. Ses parents partent en croisière pour l'Europe mais Grady a décidé de passer l'été caniculaire à New York. Ce qu'elle ne mentionne pas c'est son béguin pour Clyde Manzer, un gardien de parking à Broadway, qu'elle fréquente depuis le mois d'avril en cachette. Avec lui, Grady vit des sensations jamais explorées jusqu'alors. Cependant, le garçon se découvre peu, se dévoile difficilement, sa famille, ses amis, ses amours figurent parmi son jardin secret qu'il n'ouvre pas à sa dulcinée. Or, il y a également Peter Bell, le meilleur ami de Grady, puis une mystérieuse Anne et une encombrante Rebecca...
Eté incendiaire, ainsi aurait pu se nommer ce roman "inédit" de Truman Capote. On connaît son histoire : le manuscrit a été retrouvé dans les affaires d'un concierge, remarqué par Sotheby's avant d'être mis aux enchères. "Summer Crossing" figure en fait comme l'un des premiers romans écrit par l'auteur, à un très jeune âge (il avait commencé son histoire vers 19 ans). C'est un projet qui a plus ou moins évolué et été entretenu pendant dix ans, pour finalement ne jamais voir le jour. Le manuscrit n'est d'ailleurs pas fini, mais les nombreuses notes de Capote ont permis de porter sa touche finale. Résultat ? C'est une histoire fraîche, pinçante et mesquine, ce n'est pas une oeuvre étourdissante de talent, elle révèle des défauts mineurs en partie à cause de la jeunesse de son auteur. Toutefois, elle annonce déjà des qualités à mûrir, les prémices de "Breakfast at Tiffany's", un esprit pointilleux et rebelle, une volonté de chiffonner les données de la société de convenance, et aussi de parler de New York. Le personnage central, Grady McNeil, n'a pas l'étoffe d'une Holly Golightly, mais c'est également une héroïne en souffrance, un être fragile, secret et désespéré. Elle est fascinante, en un sens. Et cela aurait été fort intéressant que l'auteur travaille davantage sur ce projet, mais s'il y a renoncé c'est sans doute pour une raison ?
Grasset
21:05 Publié dans RENTREE LITTERAIRE 2006, Roman étranger | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09 septembre 2006
Symptomatique - Danzy Senna
"Avez-vous jamais vu la fin d'une histoire avant même qu'elle commence ?" - C'est la question que se pose la narratrice de "Symptomatique", roman âpre et semi-latent d'une violence liée à la solitude et l'amertume de la mixité. La jeune new-yorkaise fraîchement débarquée de sa Californie natale commence un stage dans un magazine, un peu contre les principes new-age de ses parents baba cool. Elle rencontre Andrew mais leur aventure capote, un peu abruptement. Prise de court, la jeune femme recherche un appartement et c'est une collègue de bureau, Greta Hicks, qui lui trouve la solution. Suite à cela, cette femme de 43 ans va soudainement empiéter doucement dans la vie de la jeune femme. Toutes deux ont en commun d'avoir un père noir et une mère blanche, Greta pense qu'elles constituent à elles deux "une race à part". Car insidieusement Greta s'impose dans la vie de sa jeune camarade, laquelle subit de plus en plus cette "amitié". Le sentiment d'étouffement prend le pas, succède l'égarement combiné à la solitude. Les pas de la narratrice mènent la danse, guident le lecteur dans un New-York plombé par le froid hivernal. C'est la sinistrose, une lente plongée dans des profondeurs abyssales. Et avec ça, il y a une prise de conscience de la haine raciale, de la couleur de peau qui délimite les affinités dans cette Amérique bien tranchée. Ce deuxième roman de la new-yorkaise Danzy Senna est, pour le tout, bien captivant et flippant !
Métailié
11:50 Publié dans RENTREE LITTERAIRE 2006, Roman étranger | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
07 septembre 2006
L'histoire de l'amour - Nicole Krauss
Au début, l'histoire est simple, c'est celle de Leo Gursky, vieil homme de 80 ans et qui attend sa mort mais fait tout ce qu'il peut pour qu'on ne l'oublie pas et qu'il évite de trouver la mort dans la solitude. C'est un réfugié polonais qui a migré à New York après avoir réussi à se cacher des nazis durant la guerre. S'il a rejoint les Etats-Unis, c'est aussi pour retrouver son amour de jeunesse, la belle Alma.
Autre histoire dans le roman : une jeune adolescente de quatorze ans, prénommée Alma, découvre qu'elle tient son prénom des héroïnes d'un roman intitulé "L'histoire de l'amour". Ce livre était un cadeau d'amour de son père à sa mère, celui-ci étant mort la mère d'Alma vit recluse et reste fidèle au souvenir de son amour. La jeune Alma est étonnée de découvrir qu'un anonyme a écrit à sa mère pour qu'elle traduise ce roman écrit en espagnol, car le roman semble également beaucoup compter pour cet homme, qui se nomme Jacob Marcus.
A partir de là, les destinées ne vont pas cesser de se croiser, se rencontrer et de dessiner L'Histoire de l'amour. C'est, dans le fond, l'histoire du roman dans le roman. Et Nicole Krauss emprunte la voie labyrinthique pour traverser les mémoires et les histoires d'amour. Oui, c'est un roman qui parle d'amour, assez fou d'ailleurs. Cela convient à ce vieillard qui est tombé amoureux et c'est là toute sa vie, ou à cette jeune veuve détruite par la mort de son compagnon et qui se noie à petites doses, à un père pour son fils qu'il n'a jamais connu, à une adolescente qui veut redonner le sourire à sa maman et qui creuse des tranchées et qui cherche mais sans savoir exactement quoi... C'est un livre entier sur le sentiment amoureux, sur le droit à la mémoire, à la fidélité au-delà de la mort, au respect de la création littéraire.
Ce roman de la new-yorkaise Nicole Krauss fait couler beaucoup d'encre dans les articles de cette rentr
ée littéraire et c'est totalement justifié ! D'abord il est écrit avec une maîtrise étourdissante, puis il est dense, foisonnant, respectueux et d'une très grande élégance. C'est un roman puissant et intelligent, qui ne perd jamais le fil de son histoire et qui repêche son lecteur en toute simplicité. Et hop qu'il nous emmène du côté de la Shoah, à New-York, en Israël ou au Chili, dans le coeur d'une adolescente ou d'un vieillard, et surtout au coeur d'un roman dont l'histoire nourrit L'Histoire de l'amour du début à la fin. Cela paraît brouillon à lire comme ça, mais c'est un roman 5 étoiles et qui est, en toute honnêteté, EPATANT !
Gallimard
07:30 Publié dans RENTREE LITTERAIRE 2006, Roman étranger | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
02 septembre 2006
Le dernier train - Maria Mercé Roca
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Métailié |
11:30 Publié dans Roman étranger | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30 août 2006
Un bonheur de rencontre - Ian McEwan
Un couple d'amants, Mary et Colin, passent un mois de vacances dans une ville étrangère, cerclée de canaux et bordée de palais et d'églises. Cela fait sept ans qu'ils se connaissent, leur amour a lentement pris le cap de la routine, de la passion doucement éteinte. Un soir, ils font la rencontre de Robert, puis de son épouse Caroline. Ce couple est étrange, mystérieux. La femme semble soumise, réduite à subir des réprimandes violentes de son époux, lequel paraît un vil macho aux gros biscotos, fasciné par la figure emblématique de son père, un Homme, un Vrai...
L'ambiance est languide, comme Colin et Mary qui paressent dans leur chambre d'hôtel, sur leur balcon ou sur une terrasse de café. Ils prennent le soleil, s'abrutissent de ne rien faire, à part faire l'amour et se préparer pour sortir. En faisant cette rencontre capitale avec Robert et son épouse, Colin et Mary vont d'abord connaître la sulfureuse spirale de la sensualité retrouvée et de la volupté. Dans l'ombre, Robert et Caroline sont présents, prêts à saisir ce jeu troublant de la séduction et de l'imagination sexuelle : "le rêve ancestral des hommes et des femmes, les uns de faire souffir, les autres de souffrir". C'est une étrange coïncidence à laquelle se résume ce "bonheur de rencontre", faite d'ambivalence, de crainte, de doute et de poussée d'adrénaline. Il y a un jeu de plaisir et de jouissance, contre lequel vient vite s'abattre une carte plus implacable. La fin est violente, elle perturbe le jeu et pousse d'admiration le lecteur face à ce livre écrit avec un sang-froid remarquable par Ian McEwan. Chapeau !
Folio
21:10 Publié dans Roman étranger | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
18 juillet 2006
Le bateau du soir - Vonne van der Meer
"Le bateau du soir" est donc la suite du premier roman de Vonne van der Meer intitulé "La maison dans les dunes". Il peut être lu à part, mais il est cependant recommandé de connaître le tout début des aventures, sachant en plus que dans ce deuxième livre on retrouve quelques-uns des acteurs de La Maison dans les dunes ! Cela concerne surtout les premiers locataires, avec le mari de la femme qui était très malade et finissait la saison de la location de la maison de Vlieland dans le premier volet. On devine à la solitude de cet homme complètement égaré que son épouse est décédée et qu'il revient dans cette maison comme un pélerinage pour rendre hommage au souvenir de la défunte.
L'autre personnage récurrent s'appelle Martine. Elle était venue l'an passé avec une fille de vingt ans qui attendait un enfant. Cette année, elle est revenue avec sa mère et attend l'arrivée de son nouveau fiancé, un juif dont les grand-parents ne sont jamais revenus des camps. C'est ainsi que le passé de la mère de Martine va ressurgir et menacer le bonheur naissant de sa fille. Et c'est alors que la malice de l'auteur vient presque tout plomber dans le chapitre suivant !... Là, je dis : très bon démarrage, je me régale !
La suite du roman est tout aussi intéressante et met en scène des vacanciers qui importent dans cette maison dans les dunes des soucis, des amertumes, des angoisses : des parents confrontés aux secrets de leurs enfants, des hommes en quête d'un nouveau souffle de séduction pour se rassurer, des soeurs face à la révélation de leur création... Et il y a toujours la femme de ménage, ombre de plus en plus présente, qui grapille les petites traces de ces locataires, s'empare des vestiges de ces gens de passage.
"Le bateau du soir" est un roman poétique, enivrant, idéal pour les vacances, pour le soleil et la plénitude. Il emporte le lecteur vers cette contrée insulaire, à l'ombre des parasols, caché dans les dunes... c'est une nouvelle réussite, un roman de plage, de transat et du soir. Très reposant !
11:34 Publié dans Roman étranger | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note