04 octobre 2006
[NOUVELLE ADRESSE !]
Je crois qu'il est temps pour Blogspirit et moi de se séparer. Après 15 mois de bons et loyaux services, mon hébergeur tire la langue et accuse quelques coups de canif dans le contrat. Résultat : et si j'emménageais à cette adresse :
Le Nouveau Blog de Clarabel est ici !
Je ne ferme pas ce blog : il reste ma boussole et j'y suis encore attachée. Il est là, encore... On verra pour le reste.
08:05 Publié dans Aloha | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
03 octobre 2006
[message personnel]
Bon, je commence à peiner avec mon hébergeur de blog : blogspirit. Le quota de Mo alloué est restreint, et forcément je suis bien souvent à la limite de le dépasser. J'ai déjà déchargé beaucoup de mes archives dans mes Quartiers d'Eté. Mais cela ne peut plus durer ! La solution qu'on m'offre est de m'abonner à une formule plus "professionnelle". Mais cela m'intéresse moyennement.
Dernièrement, plusieurs d'entre vous (mes visiteurs) ont rencontré des difficultés pour se connecter au blog et ouvrir la page. Tout cela me force à prendre une solution : dois-je aller m'héberger ailleurs ? :-) Si oui, où ??? J'en appelle à vos bons conseils, merci.
17:35 Publié dans Aloha | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
La mort d'un pote - Emilie Frèche
Le 13 février 2006, Ilan Halimi, 23 ans, est retrouvé agonisant le long d'une voie de chemin de fer, dans l'Essonne. Après 24 jours de séquestration, de tortures, d'insultes, d'humiliations, le corps battu à mort et brûlé à 80%, il est abandonné par ses bourreaux. Il a encore un peu de force pour ramper hors de ce cauchemar, mais plus assez pour rester en vie. Dans l'ambulance qui le conduit à l'hôpital, le jeune homme succombe à ses blessures.
C'est d'abord un fait divers paru dans un entre-filet, dans les journaux, puis la grande affaire qui éclate avec l'arrestation du gang des Barbares et sa déferlante d'horreurs. Si Ilan est devenu la cible martyre des ses bourreaux, c'est parce qu'il était juif et que sa famille était forcément "bourrée de pognon" ! Une honte. C'est à la fois impensable, révoltant et abominable de s'imaginer que dans la société du 21ème siècle un crime aussi raciste et primaire puisse encore exister, avoir lieu et ne pas soulever de tolé général et de réactions à long-terme.
C'est la fin d'une époque, écrit Emilie Frèche. La République d'aujourd'hui ne tient plus ses promesses, la génération qui pousse a perdu ses repères ou les pioche dans des manuels qui ne répondent à aucune loi. Tout est erroné, l'école a abdiqué, les parents ont baissé les bras, partout c'est le laissez-aller, on s'en fout de tout. Et Emilie Frèche fait l'étalage des autres crimes honteux et inacceptables, les morts liées à la canicule dans la plus grande désinvolture par exemple. Trop, c'est trop. Il est temps de réapprendre à vivre tous ensemble, de ne pas "laisser mourir la France", pays des droits de l'Homme et de la liberté. Ce texte est un hommage à "un pote disparu", à tous ces autres anonymes qui ont souffert d'antisémitisme, de racisme, de violences arbitraires, dans la plus grande inconscience de nous tous. Emilie Frèche exprime son "coup de gueule" et ça tape droit dans le coeur. Agissons, pensons à nos mômes !
Panama
- La mort d'un pote Blog
- Affaire Ilan Halimi sur Wikipedia
- Tatiana en parle ici
- Un précédent roman d'Emilie Frèche, Le sourire de l'ange, où il était déjà question des violences raciales et de l'intolérance
08:40 Publié dans Journal - Essai | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
02 octobre 2006
Prenez soin du chien - JM Erre
Dans la rue de la Doulce-Belette, deux immeubles se toisent dans toute leur splendeur et décadence, avec à leur bord des locataires triés sur le volet par un propriétaire commun mais mystérieux. Seul l'agent immobilier, Monsieur Naudet, sert d'intermédiaire pour les visites, les réglements de compte et les réunions d'urgence. Car effectivement, dans ces deux immeubles, des drames en série vont surgir. Cela a commencé par un crime atroce, celui d'une locataire, mademoiselle Chiclet, assassinée chez elle par un pervers. Max Corneloup, auteur de romans-feuilletons, emménage dans l'appartement et prend très vite en grippe son voisin d'en face, Eugène Fluche, qu'il soupçonne d'épier tous ses faits et gestes. De l'autre côté, Eugène surprend également cet individu collé à ses fenêtres et qui passe son temps à l'espionner. Une guerre muette s'engage, les deux hommes consignent le tout dans leurs journaux intimes. Puis, le mystère du chien de madame Brichon retentit. Le fidèle Hector a disparu, sa maîtresse (et voisine de Max Corneloup) est convaincue qu'il a été zigouillé. La dame devient dingue. Roulement de tambours, d'autres délits vont survenir, des vengeances sourdes, basses et aveugles, jusqu'au gong final à paraître dans le "Paris Massacre" très prochainement...
Si cela n'a pas suffit pour vous convaincre de vous "jeter" sur ce livre, je ne saurai vous engager plus. Ce premier roman a la verve des franchouillards, des histoires impertinentes et amusantes qui manquent cruellement chez les auteurs débutants. Le roman est un doux mélange d'histoire policière, de moeurs de voisinage et d'une comédie de théâtre de bouvard. C'est franchement drôle ! JM Erre est ingénieux, non sérieux, intéressant et, pour tout cela, il mérite qu'on l'encourage et s'intéresse à cette galéjade mémorable ! Jusqu'au bout, on s'étonne et bravo l'artiste !
Buchet Chastel
- Ici, Laurence en avait parlé avec sa perspicacité habituelle !
14:50 Publié dans Premier roman , Roman francophone | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
01 octobre 2006
[erratum]
Bon allez, j'ai parlé un peu trop vite d'un roman qui me tenait à coeur : "Volvo Trucks" d'Erlend Loe. Je vais essayer de "jouer le jeu" de ne-pas-publier-de-lignes-sur-ce-livre-avant-sa-date-de-publication (vers le 18 octobre !). Et donc j'ai mis en berne cet article qui réapparaîtra vers le Jour J. :-D [je vous rassure : je n'ai pas été réprimandée ! mais c'est juste que... ]
En attendant, un certain JPB a posté un commentaire - un signal d'alarme que je vous copie / colle : " (...) mon message c'est pour lancer une alerte rouge - à vous, Clara, à Cuné, à Hélène, à Papillon, à Catherine et aux autres - il faut se jeter sur le dernier Jeanne Benameur, chez Denoël - ça s'appelle " Présent ?", c'est l'anti "Entre les Murs" - et c'est tout simplement confondant de vérité et de beauté - une vraie émotion traverse le livre, quelque chose de si intense qu'il est impossible de le refermer et de l'oublier. Vous me faites confiance ? jp ". Voilà, c'est fait et ça se passe ici !
21:25 Publié dans Aloha | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Première suée de sel - Catherine Dana
Gabrielle et Sekou sont un couple mixte, elle est blanche et juive, il est noir et musulman. Ils se rencontrent chez des amis, il est séduit par sa beauté, elle est troublée par son adoration. Ils vont coucher ensemble, avouer à leur entourage leur liaison, puis se justifier de s'aimer par A + B. Il y a trop de différences chez eux : raciales, culturelles, religieuses. Pourtant, Gabrielle et Sekou prévoient de se marier, mais avant Sekou doit rentrer au pays. Là-bas, il change, devient plus incertain et distant. La pression des siens semble plus forte et influente sur l'avenir du couple.
Blablabla. En fait je n'ai pas beaucoup aimé cette histoire, dans laquelle on devine d'emblée qu'elle n'apportera rien, qu'elle va se solder sur un échec. Ce n'est pas forcément cette amertume qui plombe mon opinion, mais j'ai franchement eu le sentiment de perdre mon temps, et de ne pas accrocher au roman. Je n'ai pas non plus été sensible aux personnages, les trouvant un peu froids. Je n'ai pas été embarquée par leur histoire d'amour, dommage. Cependant, ce jugement n'engage que moi et d'autres lecteurs pourront au contraire apprécier ce qui est décrit comme "un exemple de l'universalité de l'amour".
Fayard
21:15 Publié dans RENTREE LITTERAIRE 2006 , Roman francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28 septembre 2006
Fantômes - Toby Litt
Paddy et Agatha ont quitté Londres pour s'installer dans cette maison qui a su les séduire sur le champ. Agatha était pleine de l'attente d'accoucher de son deuxième enfant. Le couple était heureux, confiant. Puis, survient L'événement. C'est là que le couple doit n'être qu'un seul bloc pour affronter la douleur et l'horreur, mais non. Agatha et Paddy deviennent deux étrangers qui partagent le même toit. Agatha a soudain des hallucinations, comprend que la maison lui parle, qu'elle respire et lui souffle des messages, rien que pour elle. Mais l'expliquer à son époux complique la discussion et creuse le fossé qui les sépare. L'aversion muette de Paddy prend naissance. Il assiste, impuissant, à la folie croissante de sa femme. "Les choses avaient beaucoup changé depuis leur installation dans la maison" est une phrase extraite du roman qui cristallise le poids de cette maison au bord de la mer dans la vie d'Agatha et Paddy.
Car la maison est devenue le cadre du cocon, le lieu de sécurité où Agatha se sent aimée et apaisée, capable de continuer et de surmonter l'épreuve. C'est en gros le symbole du foetus dans le ventre de sa mère. Cela se rejoint : Agatha vient de perdre son bébé, sa maison la couve. Mais d'un autre côté, la maison projette des ombres inquiétantes : illusion de fantômes, périodes d'absence pendant lesquelles Agatha ne se sent plus exister. C'est finalement le fond du roman : chimère, rêve et mirage entre le réel et le fantasme constituent la pâte à tarte de ce roman visionnaire. En fait, Toby Litt s'est inspiré de sa propre histoire et du désespoir de sa femme Leigh qui a fait trois fausses couches. En 60 pages, l'auteur raconte cette douloureuse expérience, sous la métaphore d'un lièvre, un "animal-idée-littéraire", pour une bien étrange introduction, fantaisiste mais incroyablement émouvante. Le roman qui suit, "fantômes", se base donc sur ce point de départ et l'auteur réussit un exercice difficile : se placer dans le corps d'une femme, comprendre sa détresse, raconter sa dépression. Il part ensuite en divagation, n'hésite pas à piquer quelques idées dans les romans victoriens, et chez Henry James ou même chez Madame V. Woolf (le passage sur les vagues y faisant immanquablement penser). Enfin bref, c'est un roman déroutant, c'est vrai. Mais c'est également sensible, complètement onirique et élaboré dans la psyché féminine. Pas mal, quoi.
Panama
19:15 Publié dans Roman étranger | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
26 septembre 2006
La liaison - Anna Dillon
Au départ on pense que "La liaison" est un roman qui traite de l'amour à trois, sous la forme de l'infidélité dans le couple, du mari menteur, de la femme trompée et de la maîtresse pétillante et naïve. Mais dans le roman d'Anna Dillon, l'histoire se passe sur un compte à rebours : du 19 décembre à la veille de Noël, les trois protagonistes de cet embroglio amoureux, vont raconter l'histoire de cette adultère. On suit premièrement les doutes de Kathy qui piste son mari et qui cherche à comprendre pourquoi son mari la trompe, pourquoi elle n'a rien vu. On poursuit avec Robert qui se débat pour sauver sa petite société, se sentant affreusement seul et incompris dans son foyer, le temps et la lassitude ont conduit l'homme à chercher un réconfort ailleurs. Et ainsi Stéphanie, célibataire indépendante et femme brillante, a cru ce mari délaissé, lui a donné son soutien et surtout un amour fou et passionnel.
Voilà, c'est flippant ! Quand on lit ce roman, on s'aperçoit qu'à tout bout de champ, on peut se sentir concerné et il devient difficile de prendre position pour l'un ou l'autre. Ils ont tous trois des arguments défendables et c'est agaçant à la longue. Pourquoi l'épouse est aveugle, pourquoi l'homme est lâche et pourquoi cette pétillante célibataire est si disponible ?! Il est impossible de prendre parti et le lecteur se laisse prendre au jeu, dévorant page après page le constat de cette liaison si réaliste. C'est pour cela que ce roman ressemble à une fine analyse de la vie actuelle chez les couples ordinaires, tous concernés par une aventure de passage, ou plus. La plaidoirie des trois concernés est tout autant affligeante, excusable ou regrettable. Mais ça sonne vrai, brrrr.
A propos, Anna Dillon est en fait le nom de plume d'un auteur irlandais, Michael Scott. Une suite va paraître en Octobre : Répercussions.
Hugo éditions
15:10 Publié dans Roman étranger | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
25 septembre 2006
La maison Tudaure - Caroline Sers
L'adjudant Marty et son subordonné Maillet débarquent dans le café d'un village reclus. Dans la forêt, on vient de trouver trois sacs abandonnés et qui contiennent des corps de nouveaux-nés. L'affaire suscite un vif émoi, ressuscitant un spectre vieux de cinquante ans, quand des mystères similaires semblaient avoir frappé de plein fouet les habitants de ce coin perdu. A l'époque, impossible de découvrir le coupable, le village avait fait bloc et s'était enfermé dans son silence. Aujourd'hui, la police affronte à nouveau ces villageois, hâtivement décrits comme des sauvages dans la presse, mais l'adjudant Marty veut en découdre à tout prix, il fera cracher le morceau ou sinon rien.
Les personnages principaux sont tous mystérieux, il y a Claude, un garçon solitaire qui ne se rend plus à l'école, c'est le fils du vétérinaire Simon Vermillon. Celui-ci est marié à Camille, la fille du rempailleur, personnalité de haute estime dans la mémoire de tous ces gens. Ils sont tous murés dans leurs silences et leurs secrets : le cafetier, le boulanger, le grand-père Dupuis et les gamins... Certains ont été blessés d'avoir été montrés du doigt et jetés à la vindicte populaire, sans possibilité de se défendre. La nouvelle génération, elle, tient à porter le flambeau et veut se faire respecter. Mais quand la machine infernale s'emballe, c'est très difficile de chercher à maintenir les rênes.
La figure de "La Maison Tudaure" est la clef de toutes les énigmes. C'est une présence ombrageuse, une maison abandonnée et qu'on dit maudite, à l'image du village. C'est une maison que tous condamnent mais qu'ils refusent de céder.
A l'occasion de son deuxième roman, Caroline Sers a décidé d'employer le genre du roman noir et policier. En quelques touches incisives, elle crée une atmosphère opaque, impénétrable d'un petit village écarté avec ses habitants tout aussi intrigants. Derrière ce climat de suspicion générale, Caroline Sers a aussi souligné la délicate délation de la presse, impuissante à percer des remparts, et qui préfère frapper dans le tas plutôt que s'avouer vaincue. Parce qu'ils vivent à leur mode, ces villageois sont déconsidérés de toute condition humaine et étiquetés comme des primates incultes et non civilisés. C'est flippant. Peut-on leur reprocher, ensuite, de s'unir en se taisant, au risque d'attiser les flammes de défiance ? "La maison Tudaure" est un roman réussi, dans sa peinture des âmes humaines (tiens, cela se rapproche du livre de Philippe Claudel, "Les âmes grises") et dans son intrigue sombre et angoissante. Le fin de l'histoire, d'ailleurs, est plutôt cocasse et insoupçonnable !
Buchet Chastel
16:20 Publié dans RENTREE LITTERAIRE 2006 , Roman francophone | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
23 septembre 2006
Valdingue - Natalie Carter
Un môme de 13 ans met le feu dans la maison de son grand-père et prend aussitôt la fuite, abandonnant le corps calciné de celui qui l'avait élevé depuis la mort de sa mère, noyée peu après sa naissance. Dit-il, car Antonin vient de recevoir une lettre d'Amérique qui a complètement chamboulé le garçon. Il pète les plombs et part le plus loin possible. Sur son chemin, il croise une femme qui l'appelle Alexandre, elle l'héberge dans une maison sur la plage, près de l'océan. Cette femme, Eve Beauchamps, porte un imperméable beige et n'a plus le goût à vivre non plus. Elle est également en fuite, le souvenir de son garçon semblant la rattraper plus vite qu'elle ne le pensait. Car survient le type, Jean, qui épie ce couple étrange et adresse ses rapports à une fille, qu'il décide de larguer sur un coup de tête, trop las, dit-il, d'être « un coucou velléitaire, élégamment désespéré, dont le principal talent consiste à dégotter des nids douillets où il peut bichonner avec complaisance son incapacité d'écrire » !
Drame en quatre actes, ainsi se résume « Valdingue », premier roman de Natalie Carter, scénariste pour le cinéma et la télévision. On lui doit, par conséquence, une manie pointilleuse à détailler en séquences hachées les scènes de son histoire, qui s'étoffe au fil des pages, suivant l'avancée du roman, qui dévoile page après page son intrigue et les dessous cachés du pourquoi le môme a-t-il tout brûlé, que disait sa lettre d'Amérique, que fuit Eve Beauchamps, qu'espère Jean et que sait vraiment la fille, à la fin de ce témoignage ? Le môme, le type et la fille sont les principaux pôles du roman, autour desquels va s'écrire « Valdingue ». C'est à la fois prenant, pesant et étouffant. Le môme, en ce qui concerne son chapitre, est un gamin violent et détestable, le lecteur devra surmonter son antipathie pour poursuivre sa lecture. Car « Valdingue » est un roman qui mérite le coup d'oeil, pas très long à lire, seulement 140 pages, et une histoire à la fois violente et tragique.
Robert Laffont
A consulter : les premiers romans de Robert Laffont
18:48 Publié dans Premier roman , RENTREE LITTERAIRE 2006 , Roman francophone | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note