16 juillet 2006
Un week-end en Bédés !
J'ai dévoré ce tome 2 et je n'ai pas failli à la règle : j'ai alterné les rires et les larmes ! Comme c'est triste ! Le combat ordinaire touche les uns et les autres du petit monde de Larcenet : Marco, son père, son frère Georges et même l'équipe de l'atelier 22 du chantier naval. Marco veut rendre hommage à ces hommes, il souhaite aussi éclairer les beaux moments de son enfance, dont la nostalgie le berce mais avec douleur. Marco est déprimé, mélancolique. Sa fidèle compagne essaie de l'aider, mais elle veut un enfant. Marco n'est pas prêt et le couple a du mal à gérer ce challenge... qui s'ajoute à une longue liste de déboires qui concerne leur entourage et les gens qu'ils aiment. Dans ce tome 2, pétri de sensibilité et de justesse, Manu Larcenet évoque avec plus de pugnacité la politique et le drame intime des "petites gens". La filiation est évoquée, avec ses bonheurs, ses doutes, ses angoisses et son poids difficile à transmettre. Heureusement pour le lecteur admiratif, il y a les bonnes séquences pour donner le sourire : la petite Chahida (trop mignonne) et l'expression de bonheur des personnages qui lèvent leurs bras vers le ciel. Extase sans pareil !!!!!
Honnêtement je pensais que ce tome 3 allait clore la série, mais j'ai terminé le tome 3 en m'étranglant ... non, pas possible ! Comment l'auteur ose-t-il nous laisser en plan ?!!?! Car le tome 3 est le prolongement du deuxième, une exploitation plus poussée des états d'âme, des ravages causés par la perte et la solitude. Il y a la maman de Marco ou même Bastounet, deux personnages de second plan mais qui symbolisent beaucoup plus. Georges aussi part en vrilles, délaissant sa compagne et leur adorable petite fille, Chahida. Alors, comment Marco pourra-t-il remonter la pente de plus en plus glissante ? Il tente de se ressaisir en cliquant comme un frénétique sur son appareil photo, souhaitant que le truc en plus en sorte. L'homme est à un tournant de sa vie, désireux de montrer à la société la placidité des modestes gens, ou d'immortaliser le souvenir de son père. C'est très dur de lutter contre les souvenirs. Il faut les prendre, les accepter ou les jeter... mais surtout il faut apprendre à vivre avec. Et puis, vient également le temps du pardon. Pour Marco, en plus du choix de devenir père, c'est un pas de géant à accomplir ! ...
Bonne bouffée d'air frais avec le début des aventures de Manu et Mariette qui quittent leur appartement de banlieue parisienne pour emménager à la campagne. Dépaysement assuré et incertain... car Manu et le chat Speed semblent avoir pas mal d'angoisse avec ce brusque tournant à 90° !... Le calme, le silence, les voisins, le langage du coin, la chasse, l'eau-de-vie fait maison, l'hiver, les cartons etc... Manu dessine et croque à merveille les clichés cocasses de cette grande décision de se mettre au vert ! C'est très drôle ! Personnellement, je me marre de bout en bout... tiens donc, Mariette veut un bébé ! Vite, le tome 2 !
Bilan d'une première année réussie de la vie à la campagne : Manu et Mariette sont fiers d'eux et débordent de nouveaux projets. Pourquoi ne pas faire un bébé ? Pourquoi ne pas avoir un potager ? ! De grandes décisions sont à prendre. Manu et Mariette les donnent en pâture et le lecteur s'en délecte. On retrouve avec béatitude le petit monde des Ravenelles, Monsieur Henri, le maire, l'ermite et les chasseurs... La vie à la campagne continue de chambouler les idées préconçues de Manu le citadin. C'est toujours drôle ! Et le chat Speed reste une énigme, comment s'alimente-t-il ? comment survit-il à son déracinement ?.. Non décidément, le retour aux sources n'est pas une assurance à la sérénité (ça dépend pour qui !)... A LIRE !!!
India Dreams est l'histoire d'une épopée passionnante autour d'une intrigue familiale : fin des années 20, Amelia Harryson arrive dans les colonies Indiennes rejoindre son Capitaine d'époux. Elle est accompagnée de leur petite fille, Emy. Amelia va vite être confontré à un choc des cultures plutôt féroce, car les Indes offrent une chatoyante vitrine à la sensualité, la misère et la mort. En plus d'une poisseuse chaleur et d'une atmosphère moite, l'anglaise trouvera du réconfort dans l'arrière-pays, en attendant la mousson. Ce tome 1 s'ouvre en Angleterre, à Londres. Emy Gilmore doit se protéger des bombardements ennemis, nous sommes en 1945. Elle reçoit d'étranges visites et un paquet du journal intime écrit par sa mère. Ces évènements la ramènent donc à un passé qu'elle pensait avoir oublié et dont elle avait été brusquement coupée vingt années plus tôt. En quittant les Indes, l'enfant a aussi perdu sa mère qui a été associée à un terrible drame au sein de la communauté de Khalapour. Une histoire passionnante va s'ouvrir, une quête vers le passé pour découvrir une vérité et des secrets peu à peu mis à jour... India Dreams est le début d'une saga flamboyante, d'une histoire d'amour palpitante sur le décor des dernières splendeurs coloniales des années 20. Maryse et JF Charles partagent avec le lecteur une adoration absolue pour cette contrée féérique et le charme opère : totalement envoûtant ! ! !
La recherche dans le passé pour découvrir le mystère de la disparition d'Amelia Harryson continue... Emy Gilmore a rejoint les traces de son enfance, aidée du journal intime de sa mère et de son compagnon de jeux, Jarawal, le fils de Dharma Singh, le dernier maharadjah de Khalapour. Ils tentent de retrouver Monsieur Lowther, le confident d'Amelia. Mais des ennemis sont également à leurs trousses, leurs chemins semés d'embûches et la quête de la vérité n'aura jamais semblé si lointaine et confuse... Sur fond d'empire colonial, d'intrigues politiques, d'histoires d'amour et de drames déguisés en assassinats, le deuxième tome de India Dreams est la chatoyante suite d'une série romantique mêlée à une trame historique véridique. Tout comme le premier épisode, ce tome 2 est un régal pour les yeux, en plus d'un scénario fort et exaltant. Vivement la suite !
Ont dont été cités :
Le Combat ordinaire, tome 2 & 3 de Manu Larcenet
Le retour à la terre, tome 1 & 2 de Manu Larcenet & Jean Yves Ferri
India Dreams, tome 1 & 2 de Maryse et JF Charles
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07 juillet 2006
Love Hina - Ken Akamatsu
Love Hina est donc l'histoire d'un jeune type (Keitaro) qui prépare pour la énième fois ses examens d'entrée pour la prestigieuse université de Tokyo. Il vient trouver refuge chez sa grand-mère qui tient une pension... pour jeunes filles ! La surprise est au rendez-vous et les malentendus pleuvent par averse. Keitaro est chassé, hué, tabassé et insulté, mais il s'accroche. De plus, il reçoit par sa grand-mère (partie faire le tour du monde) l'acte de propriété de la pension, le voilà soudainement promu gérant de l'endroit ! Le scandale est à son comble !
En fait, si Keitaro s'entête à entrer à l'université de Tokyo, c'est pour accomplir la promesse faite à son premier amour, à l'âge de cinq ans ! A la pension, il va un peu trouver du soutien scolaire auprès de Naru, également en lice pour se présenter aux examens d'entrée. Cependant, le chemin est rude : Keitaro est placé dans des situations burlesques et déplaçantes (voir les jeunes filles nues, leurs sous-vêtements qui pendent, toucher les parties intimes, etc.) et le jeune homme n'est vraiment pas à sa place, et confondu d'avoir brisé la confiance de la jeune collégienne, Shinobu. Bref, Love Hina est carrément plus déjanté, et accentue fort son histoire et ses scènes burlesques sur des points caricaturaux et des tendances implicites. Pourtant, rien de vulgaire et de tendencieux, l'humour est franchement de mise. Le personnage de Keitaro est affligeant, les jeunes filles qui pullulent dans la pension ont des physiques ravageurs, et des caractères bien trempés. Il y a, sur ce point, une forte propension à la satire, mais pas négligeable, et cela promet de biens beaux moments ! A suivre...
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06 juillet 2006
Nana - Ai Yazawa
Nana est donc une histoire avec deux héroïnes qui portent ce prénom synonyme de bonheur. Sauf que cette fortune semble bien mal acquise pour l'une et l'autre. Dans la première, Nana est un coeur d'artichaud qui s'emballe à la vue d'un beau garçon, elle tombe systématiquement amoureuse. Mais Nana a le coeur brisé : son amant, qu'elle pense marié, vient de la quitter pour vivre à Tokyo. Elle a, de plus, la conviction d'avoir été trompée sur toute la ligne. Actuellement, elle a du mal à redonner sa confiance à un chic type, comme Shôji, un ancien camarade de sa meilleure amie.
La deuxième histoire met en scène une Nana beaucoup plus sombre et mystérieuse, dont l'enfance saccagée a laissé des marques chez l'adolescente. Un soir, à un concert de rock, elle fait la connaissance du bassiste Ren avec lequel elle va vivre une belle histoire. Elle devient la chanteuse du groupe, puis Ren est appelé à partir à Tokyo pour une carrière professionnelle. Nana reste seule...
Ce tome 1 a su finalement me convaincre de m'empresser de lire la suite de la série. Les premières pages exigent une petite adaptation à cette frénésie "manga romantique pour filles", le caractère excessif et superficiel de la 1ère Nana pouvant exaspérer un lecteur non averti. Et puis, finalement, j'ai accroché, j'ai trouvé que c'était drôle, très expressif, et la Nana frivole a su me toucher et gagner définitivement ma sympathie. A découvrir, si ce n'est déjà fait.
12:35 Publié dans Bédé - Manga | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
05 juillet 2006
L'apprenti japonais - Frédéric Boilet
Frédéric Boilet est dessinateur et a reçu une bourse de manga en 1993 qui l'a amené à s'installer au Japon. Ce livre de "L'apprenti japonais" est donc son journal fait de notes, lettres, articles, croquis et photos de son expérience de "dessinateur-reporter". Pour reprendre ses propres termes : "le Japon que j'essaie de connaître est un Japon du détail, du jour le jour, il est donc difficilement racontable, sinon au moyen d'une narration ou d'un reportage". Résultat : il n'a pas fait le Japon, celui des geishas, des samouraïs, du temple d'or de Kyôto, du Mont Fuji. Il a simplement tenté de se fondre dans la culture du pays, d'être un "apprenti japonais", quelque part entre le déjà plus Français et le jamais Japonais.
Son reportage sur son apprentissage est simplement vrai, captivant, intéressant et enrichissant. On visite un Tokyo véritable et sans tricherie. Un des points qui m'a le plus fascinée : l'honnêteté du Japonais. Aucun vol dans le métro, lequel est propre comme un sou neuf, où on peut égarer son appareil photo et le retrouver aux objets perdus dès le lendemain, où on peut aussi s'endormir sur un banc dans un parc, avec son sac et son porte-monnaie bien fournis et ne jamais risquer d'être volé !... ça laisse rêveur !
En 1993, donc, premier voyage au Japon (Frédéric B. va finalement s'y installer pour plus de dix ans, il y vit encore actuellement), Frédéric rencontre Kaoru, qui servira très vite d'exemple au personnage féminin de "Tokyo est mon jardin" (car à cette époque F. y travaille avec son scénariste Benoît Peeters). Frédéric parle de son attirance pour les femmes japonaises, évoque celles-ci en termes dévots, amoureux et inconditionnels. Il fait aussi référence à la jeunesse japonaise, des Astronénettes, du manga, de la danse machinale, des minijupes, des sacs Vuitton, du téléphone portable, etc. En dernière partie, il a inclus ses dessins parus dans le grand quotidien Asahi Shimbun (édition nationale), surtout concernant la guerre en Irak (2003). Enfin bref, c'est un très beau voyage, un guide intelligent sur la culture nippone loin des clichés, une incursion passionnante dans l'apprentissage d'un français au pays du Sol
eil Levant. Et pour couronner le tout, Frédéric Boilet est un personnage drôle et spirituel dont les chroniques ne manquent pas de faire sourire le lecteur ! A lire avec avidité !!!
12:42 Publié dans Bédé - Manga, Journal - Essai | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
04 juillet 2006
Laurence - Lucie Durbiano
Laurence est blonde, douce, romantique et malheureuse. L'absence de Bougnette lui pèse. A bord d'un vaisseau spatial, en compagnie de son capitaine, d'Arturo, de Riri et de Clamydia, Laurence traîne son spleen. L'équipage est sur le chemin du retour quand leur vaisseau est victime d'un champ magnétique qui condamne tous les appareils de contrôle. Laurence est terrorisée, elle ne veut pas mourir dans l'espace. Et puis elle s'endort, elle est fatiguée, elle sent une présence à ses côtés, elle reçoit un insigne floral sous sa poitrine, elle perd connaissance... Une planète est en vue, habitée par des créatures fantomatiques qui ont placé la survie de leur espèce entre les mains de Laurence. Ils l'enlèvent.
Après avoir lu l'excellent et tout récent « Orage et désespoir », j'espérais me laisser une nouvelle fois enchanter par l'univers de Lucie Durbiano. Son trait caractéristique repose sur la candeur de ses dessins et la personnalité romantique, dévouée et indolente de ses personnages féminins. Laurence en est une représentation équivoque. Le scénario de l'album est quelque peu simpliste et gentillet, une histoire sympathique de science-fiction, qui reprend à ce thème les clichés du vaisseau spatial, des créatures extraterrestres et de la survie de la planète. On est loin du coup de tonnerre ! C'est mignon, assez drôle grâce aux personnages secondaires. Le dessin fait un peu penser à un travail scolaire, Lucie Durbiano ne s'embarrasse pas des détails ni de la couleur. Si cet album peut de prime abord déconcerter ou décevoir, il se révèle par la suite piquant et très attachant.
Les Requins Marteaux
14:40 Publié dans Bédé - Manga | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Fraise et chocolat - Aurélia Aurita
Octobre 2004, une jolie brunette débarque à Tokyô pour y retrouver son chéri, Frédéric, dessinateur-scénariste installé au Japon depuis 15 ans. Quatre mois plus tôt, la jeune Chenda avait rencontré F. à Paris. D'abord charmée, la voilà transformée en flaque d'eau dans le métro de Tokyô. Et ainsi commence le récit d'une folle passion : dévorée par le sexe, assommée par une consommation frénétique et incapable de résister (ou de regarder une vidéo!). Quand Chenda rentre en France deux semaines après (elle était en fait invitée pour un projet Bd franco-japonais), c'est le manque réciproque. Elle plie bagages et retourne dans les bras de son amoureux.
« Fraise et chocolat » raconte donc avec des esquisses du couple les ébats les plus fous, les plus avides, dévorants et renversants. Pourquoi « fraise et chocolat » ? On pense au parfum d'une glace à deux boules. Mais l'explication arrive très vite... et tire le sourire d'une oreille à l'autre ! Car justement, l'aspect comique de cet album prend à contre-pied le vent sulfureux qui souffle du début à la fin. C'est follement érotique, l'auteur déballe en vrac son expérience personnelle, livre les détails de son journal intime, met en pâture son intimité sexuelle, se donne à coeur joie avec des scènes coquines, crues (âmes pudibondes s'abstenir!). Et puis parallèlement, elle dose ses séquences d'une touche d'humour cocasse. Cela rend un album admirable, frais et impertinent. Cela parle d'amour, de plaisir, de sexe. De bonheur, aussi. Je le conseille bien forcément, et cela permet de faire connaître la maison d'éditions belge, « Les impressions nouvelles ». Et pour en avoir plus, explorez la bibliographie de Frédéric Boilet, auteur de « L'apprenti japonais » notamment. A suivre !...
Aurélia Aurita : « Les récits autobiographiques sont des fictions comme les autres »
11:04 Publié dans Bédé - Manga, Erotisme | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Les coeurs solitaires, tome 1 - Cyril Pedrosa
Jean-Paul est dessinateur de jouets en bois pour l'entreprise familiale, désormais dirigée d'une main de fer par sa mère, depuis le décès de son père. L'absence de celui-ci est élevée au rang de culte, sa mère a d'ailleurs décidé d'organiser une soirée d'anniversaire (ou de commémoration) à laquelle Jean-Paul doit réciter un discours. Mais le jeune homme est apathique, las de son existence insipide, coincé par une mère envahissante, résigné à participer à un match de foot auquel il ne croit pas. C'est bien là le problème : Jean-Paul est à bout, il met les voiles. Il s'inscrit pour une croisière réservée aux « coeurs solitaires ». Il ne prévient personne, ce qui inquiète outrageusement sa maman, qui s'empresse d'engager un détective pour trouver son fils.
Les vacances de Jean-Paul à bord de son navire de rêve ne sont finalement pas mirifiques. Il y rencontre un échantillon de célibataires aussi déboussolés que lui. Toutefois, la fine équipe se serre les coudes : parties de pétanque, rasades d'alcool, séduction désoeuvrée et lendemain qui déchante... C'est du propre ! La vie en solo ressemble à une course éperdue, une fuite en avant. C'est un mélange de fantasmes, de spleen et de délires sous hallucinogènes, un réveil auprès d'une nymphomane, un pétage de plomb en continu... On est très loin de la très kitchissime série tv « la croisière s'amuse ». Pas de sourires Colgate, ni de love-story sous le clair de lune... Happy end ou pas, ce tome 1 a mis en place une situation tendre et cocasse de l'ultra moderne solitude. Le scénario et les dessins de Cyril Pedrosa sont ajustés, particulièrement audacieux lors des passages rêvés et fantasmés (avec la femme en jogging blanc, pourquoi pas?). Il y a à la fois l'humour, la perception réaliste des âmes seules à la recherche d'une compagnie, l'usure, le confinement, la bouffée d'oxygène, les débandades et puis encore des tas d'idées. C'est ingénieux et cela mérite d'être encouragé !
10:05 Publié dans Bédé - Manga | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
03 juillet 2006
L'année du dragon, tome 3 : Kim - Vanyda & Duprat
La conclusion, l'apothéose ?... Dans ce dernier tome du cycle de L'année du dragon, on retrouve donc notre sympathique héros Franck dans les bras de Bernadette. L'affaire semble dans la poche, pourtant le jeune homme est déprimé. La maladie de son père, rongé par un crabe invicible, le mine de plus en plus. Il se sent incapable d'aller vers lui, d'aider sa mère, d'être utile à quelque chose. Non, il tourne en rond. Son frère Bernard, bientôt papa, fait un pas vers lui pour des réconciliations et tous deux s'entendent sur ce sentiment indicible d'être des bons à rien devant leur père qui va mourir. La paternité et la filiation sont discutés, vainement analysés.
Autre anedocte : Kim est rentrée de Paris. A nouveau, le coeur de Franck s'emballe et balance entre les deux. Il passe de plus en plus de temps avec Kim, lui confie des choses qu'il n'ose pas partager avec Bernadette, laquelle se sent naturellement rejetée, délaissé et malheureuse. Les déboires de Franck s'empilent, le tableau se noircit. Cette année du dragon plonge le jeune homme vers une remise en question de sa vie et ses rapports avec les autres. Fichu dragon, lance-t-il ! Et c'est doucement, mais tranquillement, que Franck et ses Converses vont continuer leur bonhomme de chemin.
Le dénouement laisse un peu songeur, on peut regretter cette orientation. Après coup, je pense que c'était plus ou moins inéluctable. Mais je n'en demeure pas moins méditative... Ce dernier tome est nettement travaillé et tente des incursions dans des domaines sensibles, comme ceux des rapports entre père et fils, la perte et la mort. L'album reste léger par quelques bonnes séquences comiques, comme le réveillon passé à boire des bières et débiter des âneries au téléphone. C'est gentil, cela met en scène des personnages actuels empêtrés dans des situations de la vie courante. J'ai beaucoup aimé cette trilogie, parfois proche du manga. Vanyda et François Duprat ont combiné leurs deux talents et sont récompensés. Ils offrent aussi au lecteur quelques secrets de leurs coulisses et des clins d'oeil... Prodigieux !
13:55 Publié dans Bédé - Manga | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19 juin 2006
Le Combat Ordinaire, tome 1 - Manu Larcenet
J'ai compris pourquoi il FALLAIT lire la trilogie de Manu Larcenet sur "Le Combat Ordinaire", pourquoi les avis en général plaçaient la barre très haut, pourquoi les lecteurs n'avaient qu'un mot à la bouche, pourquoi l'album a été sanctionné du Prix du meilleur album à Angoulême en 2004 !.. Ce flot d'éloges est amplement mérité ! Je n'étais pas une grande lectrice de bandes dessinées, je suis désormais convertie, grâce à quelques albums élaborés et efficaces.
Quand j'ai ouvert Le Combat Ordinaire, j'ai aussitôt pensé au Big Boss des Sopranos (la série) qui ouvre son histoire en se confiant à son psy. Soit, chez Manu Larcenet, Marco (personnage central) décide de ne plus voir son psy et d'arrêter ses séances. Ce n'est pas un type qui se sent franchement mieux dans ses baskets, mais ce n'est pas pire non plus. Il est photographe mais n'a plus "le feeling" pour partir, faire ses photos et gagner sa vie. Sa maman se fait du souci pour lui, son frère le console de "gros pétards" et son chat "adolf" le conduit à rencontrer une jolie vétérinaire. Un début d'histoire s'amorce, à partir d'une photo de son père pendant la guerre d'Algérie, et un climat de flou existentiel drape l'album. Marco est désemparé, parfois menacé et angoissé, mais (comme dit l'autre) la vie est un combat, la fuite aussi !...
Le scénario très riche, sous des semblants creux et linéaires, est la grande force du Combat Ordinaire. Sa fin ouverte pousse immanquablement le lecteur à cliquer pour acheter les deux tomes suivants et connaître la suite ! Devenez accro également !
19:20 Publié dans Bédé - Manga | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
Lou, tome 3 : Le cimetière des autobus - Neel
Les vacances d'été sont terminées, c'est la rentrée des classes, Lou a treize ans. Ce même jour, Richard (le voisin qui roucoule avec sa mère) défonce le mur qui sépare les deux appartements. Lou retrouve sa meilleure amie Mina mais découvre une nouvelle catastrophique : toutes deux ne sont pas dans la même classe ! C'est la première fois que cela leur arrive, c'est le drame assuré ! Lou fait donc la connaissance d'une camarade au look gothique, Marie-Emilie, et s'aperçoit trop tard que Mina s'est considérée comme rejetée et traîne avec une autre fille habillée en jogging, K-rine. Lou ne s'entend pas du tout avec cette dernière, l'amitié "sacrée" entre Mina et elle semble mise entre parenthèses.
Lou se sent de plus en plus seule. Face à elle, l'immeuble où logeait Tristan, son béguin, est rasé par des grues. A la place, se trouve un cimetière des autobus. Lou n'oublie pas Paul, ce garçon qu'elle a rencontré chez sa grand-mère, à la campagne. Cependant, elle n'arrive pas à répondre aux lettres qu'il lui écrit. D'un autre côté, la mère de Lou nage dans le bonheur avec son voisin, son roman de science-fiction a été publié, elle plane sur son petit nuage. A tel point qu'elle ne se rend pas compte de la crise que traverse Lou... qui disparaît un soir de chez elle !
Troisième tome de la série Lou de Julien Neel, cet album figure dans la collection "tcho" et s'adresse donc à un jeune lectorat. Mais, j'ai 30 ans et je me régale à lire les aventures de cette petite blonde rêveuse et de sa maman dont la frange couvre toujours les yeux. C'est plus que d'histoires d'amours, d'amitiés dont il est question dans ce tome 3, c'est la difficile passe de la crise d'adolescence - à laquelle les plus jeunes semblent les plus mûrs à traverser ! L'histoire est attachante, truffée de bonnes séquences rigolotes, beaucoup de tendresse aussi, et des illustrations douces et en pastel, bref une série réussie et éclatante dans sa classe !
16:13 Publié dans Bédé - Manga | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note