23 juin 2006

Organes - Marie Hélène Lafon

medium_Organes.jpg12 nouvelles composent ce recueil de Marie-Hélène Lafon, qui accomplit son deuxième exercice en la matière. Je n'avais pas été emballée par "Liturgie" (son premier recueil) mais j'ai davantage savouré "Organes". C'est un ensemble qui s'ouvre sur "les taupes", pas terrible, puis c'est l'explosion de délire, de plaisir, de style et de ronds-de-jambe. Marie Hélène Lafon conte un univers perdu en Auvergne, où les hivers sont rudes, les étés ensoleillés, les patelins paumés et les soirées un peu longues devant la télé... Qu'importe !? Pour se divertir, on fantasme sur la speakerine, la boulangère à la silhouette aguicheuse ou une jeune éducatrice à la peau blanche et en bikini orange. On oublie un peu ses misères en buvant son café dans un mazagran (le luxe suprême!), les femmes se confient des choses interdites aux oreilles des enfants... lesquels vont errer dans les champs, rêver sur une robe de mariée qui a 18 ans ou jeter en pâture une montre reçue pour la communion. Les hommes s'occupent des bêtes, vont à la chasse aux grenouilles et regardent le Tour de France.

Bref, j'ai eu la sensation de piqûres d'aiguille au fur et à mesure que je parcourais les pages de ce livre. C'est le style de son auteur : avalanche des mots, des sons, des adjectifs, sans ponctuation, ou si peu. Puis il y a la mise en scène : des personnages en marge, des corps qui sentent, des désirs exacerbés, un monde rural à l'ancienne, un peuple fier mais marqué, des enfants qui ne sont pas épargnés, une éducation à la baguette, le goût et le dégoût des autres... C'est très âpre mais fascinant. Il y a dans l'ensemble de très bons textes, comme La Communion, Au Village, La Speakerine, Le Corset, L'Hygiène, Les Mazagrans, etc. Une très bonne moyenne pour ce recueil très léger de 130 pages !

Des avis sur le ouèbe : LeLitteraire.com - Encres Vagabondes

21 juin 2006

Morsures - Hélène Bonafous Murat

medium_Morsures.jpgHortense répond à une annonce d'un marchand d'estampes, Félix Boireau, pour un stage de commis expert. Son aventure commence : parmi un lot d'estampes apporté par un brocanteur, Hortense découvre une pièce rare du graveur Bellange. La scène qu'elle représente (les adieux d'un homme et d'une femme de la Renaissance) la fascine, la trouble et la capture. Elle part à la chasse du secret de cette pièce inconnue et se trouve enchaînée à une succession d'événements, dans les coulisses de Drouot, où un meurtre sera commis, des pièces inestimables seront volées et un amant séducteur et impénitent se tiendra aux rênes de cette entourloupe gigantesque. Parfaite association de malfaiteurs ! « Morsures » est un roman qui dévoile la face cachée du monde de l'art et des enchères. L'auteur Hélène Bonafous-Murat est également expert en estampes et tire un portrait sans complaisance de ses semblables. Son personnage d'Hortense est une jeune femme intelligente et sensée, qui toutefois perdra un peu la tête à chercher la vérité cachée dans cet inédit de Bellange. Le roman est mené tambour battant, composé comme une intrigue policière, avec une habile confusion passé / présent dans laquelle semble s'évaporer Hortense, à trop s'approprier l'histoire des personnages de l'estampe fort convoitée. Jusqu'à la fin, « Morsures » réussit à nous captiver - ce premier roman est ingénieux, élégant et érudit à bonnes doses. Je le conseille vivement !

Le Passage - 270 pages

 Prix Alain-Fournier 2006Entretien avec l'auteur par LeLitteraire.com

19 juin 2006

A bas la nuit - Adrien Goetz

medium_A_bas_la_nuit.jpgQuatrième roman d'Adrien Goetz, "A bas la nuit" est une histoire qui démarre sur les chapeaux de roue : un soir à Florence, un couple en lune de miel est détourné de son voyage par leur ami Konrad pour rencontrer le très sulfureux Maher. Cet homme est une entité mystérieuse, qui alimente la presse à scandales, grand collectionneur d'art, aux goûts avisés, et héritier de la grosse fortune des Bagenfeld, lui dont on prête des origines douteuses de jeune beur de La Plaine Saint-Denis... Ce Maher est un peu un Gatsby des temps modernes. C'est un solitaire, très exigeant dans ses amitiés, et fort amoureux de la discrète Jeanne. Or, ce soir-là, Jeanne est enlevée sous les yeux de Maher et ses camarades. Une forte rançon constituée de tableaux rarissimes (de la collection personnelle de Maher) est exigée. Maher abdique. Commence alors une traque folle depuis l'Italie, la Suisse, Paris, la Normandie et l'Auvergne... Notre jeune couple de mariés est acteur de cette épopée, le souffle coupé par ce tourbillon de retournements.

L'histoire va effectivement rebondir et étonner le lecteur. Mais je pense qu'à force d'étourdir celui-ci et de le balader aux quatre coins du globe, le lecteur finit par être égaré et s'isoler dans la lassitude. Le milieu du roman est honnêtement un peu décevant. Par contre, c'est un livre fort en érudition sur le monde de l'Art, étalé avec allégresse, et non pour écraser le lecteur lambda. C'est intéressant, toutefois le roman qui promettait d'être un polar savant sombre un peu en cours de route, le fil de l'intrigue s'oublie et le dénouement (tardif) perd également de son éclat. Du même auteur, je recommande davantage "La dormeuse de Naples" !

La dormeuse de Naples

Le Combat Ordinaire, tome 1 - Manu Larcenet

medium_le_combat_ordinaire.jpgJ'ai compris pourquoi il FALLAIT lire la trilogie de Manu Larcenet sur "Le Combat Ordinaire", pourquoi les avis en général plaçaient la barre très haut, pourquoi les lecteurs n'avaient qu'un mot à la bouche, pourquoi l'album a été sanctionné du Prix du meilleur album à Angoulême en 2004 !.. Ce flot d'éloges est amplement mérité ! Je n'étais pas une grande lectrice de bandes dessinées, je suis désormais convertie, grâce à quelques albums élaborés et efficaces.

Quand j'ai ouvert Le Combat Ordinaire, j'ai aussitôt pensé au Big Boss des Sopranos (la série) qui ouvre son histoire en se confiant à son psy. Soit, chez Manu Larcenet, Marco (personnage central) décide de ne plus voir son psy et d'arrêter ses séances. Ce n'est pas un type qui se sent franchement mieux dans ses baskets, mais ce n'est pas pire non plus. Il est photographe mais n'a plus "le feeling" pour partir, faire ses photos et gagner sa vie. Sa maman se fait du souci pour lui, son frère le console de "gros pétards" et son chat "adolf" le conduit à rencontrer une jolie vétérinaire. Un début d'histoire s'amorce, à partir d'une photo de son père pendant la guerre d'Algérie, et un climat de flou existentiel drape l'album. Marco est désemparé, parfois menacé et angoissé, mais (comme dit l'autre) la vie est un combat, la fuite aussi !...

Le scénario très riche, sous des semblants creux et linéaires, est la grande force du Combat Ordinaire. Sa fin ouverte pousse immanquablement le lecteur à cliquer pour acheter les deux tomes suivants et connaître la suite ! Devenez accro également !

Le site "pas officiel" de Larcenet

Lou, tome 3 : Le cimetière des autobus - Neel

medium_Lou_t3.jpgLes vacances d'été sont terminées, c'est la rentrée des classes, Lou a treize ans. Ce même jour, Richard (le voisin qui roucoule avec sa mère) défonce le mur qui sépare les deux appartements. Lou retrouve sa meilleure amie Mina mais découvre une nouvelle catastrophique : toutes deux ne sont pas dans la même classe ! C'est la première fois que cela leur arrive, c'est le drame assuré ! Lou fait donc la connaissance d'une camarade au look gothique, Marie-Emilie, et s'aperçoit trop tard que Mina s'est considérée comme rejetée et traîne avec une autre fille habillée en jogging, K-rine. Lou ne s'entend pas du tout avec cette dernière, l'amitié "sacrée" entre Mina et elle semble mise entre parenthèses.
Lou se sent de plus en plus seule. Face à elle, l'immeuble où logeait Tristan, son béguin, est rasé par des grues. A la place, se trouve un cimetière des autobus. Lou n'oublie pas Paul, ce garçon qu'elle a rencontré chez sa grand-mère, à la campagne. Cependant, elle n'arrive pas à répondre aux lettres qu'il lui écrit. D'un autre côté, la mère de Lou nage dans le bonheur avec son voisin, son roman de science-fiction a été publié, elle plane sur son petit nuage. A tel point qu'elle ne se rend pas compte de la crise que traverse Lou... qui disparaît un soir de chez elle !

Troisième tome de la série Lou de Julien Neel, cet album figure dans la collection "tcho" et s'adresse donc à un jeune lectorat. Mais, j'ai 30 ans et je me régale à lire les aventures de cette petite blonde rêveuse et de sa maman dont la frange couvre toujours les yeux. C'est plus que d'histoires d'amours, d'amitiés dont il est question dans ce tome 3, c'est la difficile passe de la crise d'adolescence - à laquelle les plus jeunes semblent les plus mûrs à traverser ! L'histoire est attachante, truffée de bonnes séquences rigolotes, beaucoup de tendresse aussi, et des illustrations douces et en pastel, bref une série réussie et éclatante dans sa classe !

Le site Lou !

18 juin 2006

Mon blog et moi

Mon blog et moi, nous fêtons notre 1ère année de cohabitation ! C'était mon appel à moi du 18 Juin : j'ouvre mon chez-moi, mon monde littéraire, mon antre des livres, c'est ici ! .. Je tenais à vous remercier tous mes blogo-lecteurs préférés, mes visiteurs réguliers et même les gens de passage : c'est tout votre joli monde qui alimente aussi ce blog, qui me donne envie d'ouvrir une page et d'y partager mes lectures, et mes riens aussi... Et je remercie les auteurs, qui écrivent tous ces livres que j'ai envie de lire ! C'était donc un 18 Juin 2005, le Blog de Clarabel voyait le jour, clic dans la blogosphère... Lecteurs, me voilà ! :D
A une prochaine année riche, remplie et passionnante par toutes ces futures découvertes !
[Illustration de Francine Van Hove]

17 juin 2006

Une divine plaisanterie - Margaret Laurence

 

medium_une_divine_plaisanterie.jpg« Une divine plaisanterie » est un roman drôle et pince-sans-rire autour d'une héroïne de 34 ans, institutrice célibataire et vivant toujours avec sa mère malade dans la petite ville de Manawaka (ville imaginaire de Manitoba au Canada). Rachel Cameron est une cruche attendrissante, gauche et complexée, et qui bien souvent agit le contraire de ce qu'elle pense ! Elle rêve de s'échapper de sa vie étriquée, et pourtant elle y demeure attachée ou paralysée de faire le grand saut. Pendant ses vacances d'été, elle fait la rencontre d'un type qui la séduit et nourrit ses fantasmes d'évasion (se marier, avoir des enfants etc.). Rachel se lance dans cette aventure à corps perdu, ivre de cet amour naissant et, pour elle, porteur de tous ses espoirs cachés.


« Une divine plaisanterie » figure dans un cycle de cinq romans autour de la petite ville de Manawaka. Margaret Laurence a décidé de donner la parole à une femme seule et dépitée, sans toutefois rendre son récit pitoyable ou malheureux. C'est tout le contraire : le roman est enlevé, rythmé par le grotesque et la dérision. Rachel elle-même se moque de ce qu'elle est, consciente d'être double, triple, quadruple etc. Elle n'assume pas ce qui la ronge, ce qu'elle désire clamer ardemment sur tous les toits. Intérieurement, c'est une femme passionnée et brûlante, mais en vrai elle est timorée, contracte son corps dès qu'on la touche et se mine du qu'en-dira-t'on et des adolescents sûrs d'eux. Ses rapports avec son amie Calla, son directeur Willard, sa mère et son petit ami nourrissent des chapitres d'humour bien souvent involontaire. C'est un régal ! Ce roman n'a pas pris une ride (il est paru en 1966) et c'est à souhaiter que les éditions Joelle Losfeld publient très rapidement la suite de l'oeuvre de Margaret Laurence (auteur décédé en 1987).


Extrait : « Les strates de rêves sont si nombreuses, il y a tant de membranes trompeuses qui enveloppent l'esprit que j'ignore leur existence, jusqu'à ce qu'une réalité coupante ne les tranche, et je vois alors les créations de mon imaginaire pour ce qu'elles sont, déformées, bizarres, grotesques, une plaisanterie insupportable si on la regarde de l'extérieur. »

Le film a été adapté au cinéma par Paul Newman en 1968 avec Joanne Woodward - son titre : Rachel, Rachel .

16 juin 2006

L'année du dragon, tome 2 : Bernadette - Vanyda & Duprat

medium_annee_du_dragon_2.jpgFranck est toujours en location du canapé de son frère Bernard qui commence à s'échauffer de la situation. Il le pousse à prendre un appartement et les deux frères se querellent. Franck se trouve à la rue, il toque chez Bernadette mais, depuis leur désastreuse soirée, elle préfère ne pas le laisser entrer chez elle pour la nuit. Kim est partie rejoindre son petit ami à Paris. Elle manque terriblement à Franck qui ne sait plus de quel côté se situe son coeur. Il est attiré par Bernadette, il pense à Kim et son père souffre de plus en plus de sa maladie.

Suite des aventures de L'année du dragon, ce tome 2 est plus errant, à l'image du personnage de Franck. Le jeune homme a du mal à se fixer et accumule les soucis. Son amour pour Kim lui pèse, ses visions du dragon embrouillent sa lucidité et il décide de mettre de côté l'horoscope chinois. Il lui faut oublier Kim, mais c'est sans savoir que la jeune fille traverse quelques sérieuses désillusions ! Sa relation avec Bernadette va-t-elle s'amorcer ? Va-t-il se réconcilier avec son frère qui va bientôt être papa ? Le troisième tome va apporter quelques grains supplémentaires à leur pétrin. En attendant, le scénario de ce deuxième tome est lisse et de maigre consistance, pourtant les trois personnages sont attachants, leurs crises ressemblent aux nôtres (ou s'y approchent). Du coup, cette série de la vie ordinaire possède un charme honnête, à croquer sans vergogne !

L'année du dragon, tome 1 : Franck

15 juin 2006

Une fenêtre sur l'Hudson - Brian Morton

medium_Une_fenetre_sur_l_hudson.jpgNora téléphone à Isaac, son amant qu'elle a quitté cinq ans auparavant. Un simple coup de fil ranime une flamme jamais éteinte. Aujourd'hui Nora partage son quotidien avec un autre homme, mais c'est à Isaac qu'elle pense tout le temps. C'est lui son béguin. Impossible de le déloger de son coeur, de sa tête, de ses sentiments. Pour Isaac, les émotions sont les mêmes. Il a attendu Nora et pense désormais qu'elle lui revient, qu'elle a compris qu'elle s'était trompée, qu'il était le seul sur lequel elle pouvait compter.

Mais les cinq années ont modifié les souvenirs : ils ne sont plus ce qu'ils étaient. Nora, jeune nouvelliste de trente-cinq ans, souffre d'une panne d'inspiration. Isaac, photographe, est également en perte de vitesse et n'a plus de projets, voit sa vie filer, ses élèves le dépasser. Les deux amants se retrouvent, doucement et très pudiquement. Leur histoire redevient une sérénade d'amour, pourtant l'un et l'autre pêchent à communiquer leurs doutes et démons intérieurs. Ces silences vont encore une fois leur faire défaut, les éloigner. Nora est le souffre-douleur de son "gnome" - quand elle écrit, Nora devient cannibale. Elle s'inspire de son entourage pour nourrir sa fiction, se déchaîne et tue à petits feux des gens qui lui étaient proches. Elle tente d'être la plus forte, mais son besoin d'écrire est plus conquérant. Isaac est désormais dans sa cible, mais leur histoire pourra-t-elle survivre à ce monstre ?

Un passage : "Il lui avait conseillé un jour de respecter son démon. Elle espérait aussi qu'il s'en souviendrait, même si ce démon - ce gnome, cet oeil intérieur implacable - avait posé son regard sur lui. Aime-nous, mon gnome et moi, supplia-t-elle. Or elle ne savait pas si c'était possible." - Brian Morton vient de signer un roman à la fois simple et prenant. C'est une histoire de sentiments, de rapprochements entre deux êtres qui pensaient être faits l'un pour l'autre. Les obstables pour leur belle idylle sont d'ordre artistique, ils sont tous deux au pied du mur et l'essor de Nora fait vaciller le statu-quo d'Isaac. Ils sont complices, se croyaient invicibles, et pourtant... une nouvelle peut tout ruiner. S'ajoute aussi la maladie de Billie, la tante de Nora, le dernier pilier de la jeune femme. La perte de celle-ci fait tout voler en éclats, Nora et Isaac se retrouvant soudainement face à face, pour de vrai. Pas facile, même s'ils pensaient bien se connaître, avec le temps. Ce roman est magnifiquement écrit, il y a peu d'élans, beaucoup d'introspection, et une mine d'anecdotes littéraires pour chaque circonstance. Une petite pépite !

A Window Across The Rover - Traduit de l'américain - Belfond - 313 pages

11 juin 2006

Pieux mensonges - Maile Meloy

medium_pieux_mensonges.jpgL'histoire s'ouvre sur un mariage : Yvette épouse Teddy, pilote de chasse, vite convoqué par l'armée américaine après l'attaque de Pearl Harbor. Yvette est ravissante et Teddy l'aime follement. Mais la jalousie s'installe chez lui, profondément, et le ronge. Yvette est seule chez elle, avec ses deux petites filles, et rencontre un photographe qui la drague. Mentir ou avouer le baiser échangé contre son gré devient pour Yvette le premier des nombreux sentiments de culpabilité qui vont être semés sur son chemin de la vie.

Les enfants vont grandir, Margot va être séduite par son professeur de danse, tomber enceinte et être envoyée en France pour cacher sa grossesse. Yvette décide de porter la responsabilité en se réfugiant dans un couvent et assume la maternité de son petit-fils. Elle n'en dit rien à personne, pas même à Teddy. Durant sa retraite, Yvette fait une rencontre avec Dieu et se voue alors totalement à la religion catholique. Les années vont passer très vite, ses filles Margot et Clarissa tentent de gérer leur propre destin, mais pas toujours de façon évidente. Jamie, le fils caché de Margot, grandit et devient un adolescent à problèmes. Les uns et les autres vont et viennent autour du noyau dur de Teddy et Yvette. La famille Santerre est en train d'écrire son histoire, comme une famille américaine ordinaire, depuis les années 40 à nos jours. Les générations se suivent, l'eau coule sous le pont et les secrets continuent d'affluer, mais jamais sans perturber l'indéfectible foi religieuse d'Yvette.

Le premier constat de ce roman de Maile Meloy est justement qu'il est incroyablement posé sur une question de croyances catholiques à outrance. La foi en Dieu guide la destinée de la famille Santerre, envahit l'histoire et peut vite lasser le lecteur. D'un autre côté, "Pieux mensonges" est une fresque familiale dramatique racontée en accéléré, depuis le mariage, les naissances, les séparations etc. L'auteur n'a pas la volonté de s'apesantir, elle donne en 376 pages un fort condensé d'une saga sur un demi-siècle d'histoire. Mais là aussi se pose un autre souci : le roman est un peu trop long, surtout vers la fin. Quelques pages en moins auraient été plus appréciées. Du coup, ce premier roman est intéressant et grisant, surtout pour ses premières pages, et puis cela devient lassant. Une petite déception, donc.

Traduit de l'américain, chez L'olivier.

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