31 mai 2006
Marilyn Monroe, Derrière le miroir - Olivier Stauffer
Olivier Stauffer est un admirateur critique et passionné de la star depuis son plus jeune âge, un connaisseur dont la collection regorge de milliers de documents iconographiques rares. Aussi, cet énième livre sur Marilyn Monroe, « Derrière le miroir », s'offre l'originalité d'être illustré de nombreuses images inédites, notamment des couvertures de magazines plus ou moins kitches du monde entier. Résultat : ce livre de près de 400 pages est un poids lourd dans le sens strict du terme ! La biographie de Marilyn est complète, mais c'est clair qu'elle paraît rabâchée. Toutefois, Olivier Stauffer analyse avec rigueur tous les écrits parus sur la star et fait le ménage dans toutes les plus folles ou (prétendues) sérieuses spéculations sur Marilyn. Stauffer est un amoureux éperdu de la star, on le sent car, très vite et selon lui, on devine une Marilyn proche de l'icône de sainte !.. Mais, dans l'ensemble, le portrait est juste. Toutes les hypothèses sur sa mort sont étudiées, celle de Stauffer s'appuie davantage à une mort accidentelle dont seraient responsables son docteur et analyste, le Dr Greenson, et la (perfide) gouvernante, Eunice Murray.
A la page 304, on feuillette davantage le livre qu'on ne le lit, car vont suivre des pages et des pages de références sur les revues consacrées à Marilyn, les programmes de ses films, les revues avec Marilyn en couverture, les nombreux albums de photos, les livres consacrés à l'art et à la bande dessinée, le style vestimentaire, les biographies, livres de citations, fictions ou ouvrages généraux... Les premières parties dévoilent une Marilyn intime (son enfance, ses amours, ses amitiés et son bulletin de santé!), puis l'ascencion de Marilyn au cinéma, les prémices du mythe et enfin les chroniques d'une mort inattendue. La cinquième partie concerne la presse et les attachés de presse, mais cette partie m'a semblé plus ou moins intéressante, et surtout redondante.
Cet ouvrage d'Olivier Stauffer n'est pas une bombe de nouveautés, c'est un livre plaisant et intéressant qui fait de Marilyn une star victime d'un Système et d'un concours de circonstances malheureuses. Il consacre toutefois un court chapitre sur l'hypothétique carrière de la star « avec des Si » et la série de films dans lesquels Marilyn pouvait s'impliquer ou aurait pu y tirer une gloire nouvelle. Je réserve ce livre aux fans, bien entendu.
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20 mai 2006
N'attendez pas trop longtemps- Agnès Marietta
Ce roman est poussé par un souffle printanier et des éloges de la presse, le comparant au roman d'Anna Gavalda "Ensemble c'est tout". C'est autour d'une maison à vendre dans le Vexin que quatre personnes vont se rencontrer, se connaître et voir leurs petites existences évoluer, trembler, bref prendre un nouveau tournant. François Delbreuve est le propriétaire d'une maison qu'il ne souhaite pas céder à n'importe qui et réserve l'exclusivité de la vente à un agent immobilier, Jacques Verniot. Celui-ci est marié à Michèle, ils ont deux filles et la visite de la maison dans le Vexin le bouleverse - c'est la maison de ses rêves ! Clara Miniot, romancière à succès, est la première potentielle acheteuse de la maison. Elle est célibataire, mère d'un grand garçon qui la désespère par son aspect trop conventionnel. La maison dans le Vexin n'est pas son coup de coeur, en fait elle est plutôt troublée par sa rencontre avec Verniot. Puis, débarque en grandes pompes Nathie Desmarets, mariée avec des enfants, un peu débordée par sa vie, entre trop travailler et ne plus travailler... c'est une femme qui a besoin d'événementiel, de "poésie" !
La maison dans le Vexin cristallise tous les désirs cachés des uns et des autres. Elle devient un catalyseur de sentiments enfouis qui doivent, comme par enchantement, exploser et voir le jour. Ce roman, tant comparé à celui d'Anna Gavalda, n'a finalement en comparaison de procurer un bien gentil plaisir de lecture. Je n'ai pas trouvé dans celui d'Agnès Marietta ces dialogues qui font mouche, ce style alerte, faussement simple et percutant. C'est honnêtement une belle histoire, même si les personnages sont un tantinet bêtas (je pense au couple de Jacques et Clara). Certains noeuds se défont un peu trop vite à mon goût. Mais l'ensemble est très agréable à lire, cela fait rêver à un coin de campagne mais ne me porte pas non plus à tout lâcher pour vivre l'aventure. "N'attendez pas trop longtemps" est un roman plaisant et attachant dans lequel on peut y trouver sa place, mais il a aussi certains aspects agaçants et décevants si l'on s'entête à le comparer à un autre. Bref, mettez tout de côté et lisez-le pour vos vacances !
Anne Carrière, 246 pages
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18 mai 2006
Etoiles - Simonetta Greggio
Vendu comme une nouvelle (longue de 126 pages), ce nouveau livre de Simonetta Greggio (auteur du remarquable "La douceur des hommes") est à considérer également comme un roman, mais très court, très rapide à lire. Son histoire n'a rien de sensationnelle, et a déjà fait ses preuves chez d'autres (je pense à "Quiproquo" de Philippe Delerm). Un chef cuisinier trois étoiles, Gaspard Coimbra, décide de tourner le dos à sa vie parfaite et sa blonde épouse pour recommencer tout à zéro dans une petite buvette perdue dans un village près d'Avignon. Il va rencontrer Stella, ravissante costumière, mais qui n'a que la peau sur les os et des soucis pour se nourrir... Et la vie rêvée des anges commence. L'ensemble est simple, assez poétique, surtout par l'évocation alléchante des aromates et des plats cuisinés avec amour, qui frétillent dans la poêle, et dont on devine les bonnes odeurs !... C'est la principale raison qui peut donner envie de lire ce livre, surtout en été ou pendant les heures perdues de vos vacances. C'est un livre qui sent bon la chaude saison, la bonne chair et l'amour. J'avais été davantage séduite par son premier roman, ici dans "Etoiles" l'histoire est plus sentimentale et trop eau-de-rose en fin de compte. Mais cela reste un joli livre à découvrir (même s'il coûte un peu cher) - il mettra soleil et gourmandise dans vos assiettes, oups... entre vos mains ! En bonus : le Carnet de Stella (carnet de recettes illustrées et conçues par Manuel Laguens) à faire baver d'envie !
Flammarion, 126 pages
10:55 Publié dans Nouvelles, Roman francophone | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
17 mai 2006
Auprès de moi toujours - Kazuo Ishiguro
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Editions des 2 Terres, 440 pages. |
14:29 Publié dans Roman étranger | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
16 mai 2006
Shocking secrets !
En complément à cette note, un mailing reçu du site de l'auteur (hmm.. de la maison d'édition) pour mettre davantage l'eau à la bouche. Résultat : ça marche ! J'ai cliqué à gauche et à droite et j'ai applaudi à l'ingéniosité des créateurs ! ! Mais dans tout ça, moi.. je dois toujours attendre ! Et c'est long ! Greu.
Pour ceux que cela intéresse, cliquez aussi !
20:59 Publié dans Jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13 mai 2006
Ni fleurs ni couronnes - Maylis de Kerangal
Ce livre de Maylis de Kerangal est en fait composé de deux récits : "ni fleurs ni couronnes" suivi de "sous la cendre". Près de 90 ans séparent la première histoire de la deuxième, située également aux antipodes, l'une en Irlande et l'autre sur une île au large de Naples. Dans "ni fleurs ni couronnes", un jeune garçon prénommé Finbarr rencontre une jeune femme d'apparence convenable et chic qui est à la recherche de son fiancé, apparement noyé en mer après le naufrage du Lusitania. Tous deux vont donc partir en mer repêcher les corps, de plus en plus motivés par l'appât du gain également (des récompenses commencent à pleuvoir). La jeune femme se montre intrépide et courageuse, rien à voir avec ce qu'il pensait...
Dans la deuxième histoire, deux garçons, Clovis et Pierre, font équipe avec Antonia pour la montée du Stromboli. Cette jeune fille fascine Clovis mais inquiète Pierre qui la juge cinglée. Car Antonia est séduisante, n'a pas froid aux yeux mais fait tourner les coeurs. Au sommet du volcan, les têtes ont le tournis et les corps ont la fièvre...
Ces deux récits sont en miroir pour faire entendre le souffle des corps qui se libèrent, dixit la présentation de l'éditeur. C'est clair que ce livre agrippe le lecteur, surtout par son style brut de décoffrage. Mais il donne également le vertige, par cette façon de ne pas lâcher prise, de ne pas relâcher son souffle. La seconde histoire a su davantage me subjuguer. A vrai dire, après avoir refermé ce livre, je n'avais pas un avis très positif ni emballant. Mais une nuit de sommeil a su finalement me décider à le vanter et apprécier sa séduction vive et ardente. Les plus farouches s'abstenir, car Maylis de Kerangal dépouille, écorche et met à nu. Envoûtant !
11:18 Publié dans Nouvelles, Roman francophone | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
12 mai 2006
La bibliothécaire - Sophie Avon
Elle s'appelle Marianne Chevigny, en hommage à Alfred de Musset. Elle avait un mari et un travail de journaliste, aujourd'hui elle commence une nouvelle vie en acceptant ce poste de bibliothécaire à l'université. La routine de ses activités est brutalement cassée par un jeune professeur, David Martial, qui semble n'obéir à aucune règle et prendre un malin plaisir à provoquer la bibliothécaire. Et c'est suite à une banale histoire de téléphone portable que Martial va vouloir briser Marianne. La guérilla va être menée sournoisement et avec perversité. L'homme et la femme sont effrayés de cette facilité à faire mal et à y trouver un ravissement. Ils sont tout deux attirés l'un par l'autre, et plus encore. Leur étrange manège intrigue le petit monde universitaire, qui se voit frappé par des attaques d'une rare sauvagerie, mais inexplicables. Et Marianne s'enfonce davantage dans ses peurs, sa colère et son désir de vengeance. David, lui, éprouve une jouissance jamais atteinte : "cette femme lui donne des ailes dans l'art de la persécution" !
"La bibliothécaire" est finalement un roman très, très étrange ! Son début est assez remarquable et scotchant, puis la fin déborde et s'embarque dans des contrées surréalistes et douteuses. Je ne sais pas reconnaître si j'ai finalement bien aimé ou été un peu écoeurée par cette fin. Cela me rappelle quelques autres lectures inquiétantes, dont la simple évocation pourrait trop dévoiler de l'intrigue, alors je m'y abstiens. En bref, "La bibliothécaire" est un roman noir et glauque, sous des fausses couches d'un portrait banal d'une femme quelconque. Et la relation entre Marianne et le jeune professeur, telle une obsession violente, peut à la fois subjuguer, attiser la curiosité et lasser par son évolution singulière et insolite. A voir.
10:30 Publié dans Roman francophone | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
10 mai 2006
Le Pénultième Péril - Lemony Snicket
Pour cette avant-dernière aventure, les trois orphelins Baudelaire se retrouvent à l'Hôtel Dénouement en costumes de groom pour échapper aux regards indiscrets. Leur vie est plus qu'en danger, les plus braves les ayant approchés jusqu'alors ont soit péri, soit retourné leur veste ou lamentablement échoué à leur venir en aide ! Bref, la série touche à sa fin et à l'approche de la Grande Réunion du Jeudi avec tous les membres du VDC chacun s'affaire pour la préparer au mieux, surtout en mettant des batons dans les roues des félons pour éviter qu'un sucrier ne tombe entre leurs mains ! Mais les choses vont toujours au plus mal, comme à chaque fois, ou alors les aventures des Orphelins Baudelaire seraient tout autre que "désastreuses" ! D'ailleurs, ce tome 12 se termine en un hallucinant retour de boomerang qui laisse pantois tout lecteur assidu. Ce "Pénultième Péril" n'est pas forcément riche en rebondissements, il offre toutefois l'opportunité de retrouver le panel des personnages rencontrés dans les précédents épisodes (la juge Abbott, Mr Poe, Jérôme, Charles et M. le directeur, plus la famille Snicket...). Il déploie en fin de compte un tapis rouge pour le tome 13 tant attendu ! La patience est une vertu qui se cultive, mais que c'est long tout de même !
21:00 Publié dans Jeunesse | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
09 mai 2006
La maison dans les dunes - Vonne van der Meer
Il existe sur l'île de Vlieland une maison dans les dunes où locataires d'un temps peuvent s'y prélasser pour des vacances normalement sans soucis. Cette maison dans les dunes devient donc le confident d'hommes et de femmes plus souvent tourmentés par leur vie extérieure, qu'ils ramènent entre ses murs, incapables de laisser les ennuis à la porte. Et ainsi, un peu comme cette femme de ménage qui se balade à vélo sur la plage, on observe secrètement les uns et les autres se débattre dans les petits riens de la vie ordinaire ! Il y a ce jeune couple marié avec un enfant de bas âge dont le mari a avoué une passade toute récente, deux femmes qu'une génération sépare et dont la grossesse de l'une va rejeter la décision de l'autre prise vingt ans auparavant (et qu'elle pensait être la bonne)... Il y a d'autres couples, ou des hommes et des femmes au crépuscule de leur vie qui pensent finir leurs jours dans cette maison dans les dunes, mais aussi un grand amour naissant ET un livre d'or !
J'ai sincèrement beaucoup aimé ce roman qui transporte automatiquement son lecteur dans son univers de sable et d'isolement insulaire. J'ai un peu repensé à une autre lecture faite dernièrement, « Haute saison,
quinzaine uniquement » de Nathalie Ours, dans son principe de petites anecdotes de locataires dans un même lieu. Car c'est une lecture à considérer aussi bien en roman qu'en recueil de nouvelles. C'est léger et distrayant. Un second volet vient d'ailleurs de paraître : « Le bateau du soir ».
Le site : Heloïse d'Ormesson - Paru aussi chez France Loisirs avec extrait à découvrir.
11:35 Publié dans Roman étranger | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
03 mai 2006
Août - Sophie Lasserre
Dans une maison de pierre, isolée de l'extérieur, coupée du moindre bruit, mis à part le chant des cigales, Charlotte s'ennuie. Il fait trop chaud, elle n'arrive pas à dormir la nuit, ses enfants l'encombrent et elle ne parvient plus à aligner le moindre mot. Son mari Jacques travaille, tente de lui adoucir son quotiden, la pousse à sortir, en vain. Charlotte lui reproche de l'envahir, de ramener avec lui le roulement de l'extérieur. Tout l'oppresse, même ce troisième enfant qui pousse dans son ventre. Elle n'en peut plus, elle veut partir, mais elle ne peut pas.
Ce premier roman de Sophie Lasserre a l'effet d'un rouleau compresseur. Archi minimaliste et intimiste, très court (seulement 88 pages), placé dans un huis clos étouffant, accentué par l'impression caniculaire de ce mois d'Août, ce roman percute et écorche. Il est écrit dans un style dépouillé, économe et direct en plein coeur. Il dépeint la dérive d'une femme de trente-six ans, mariée et lassée, mère par dépit, déçue par la maternité, le mariage, etc. Et enchaînée à sa vie, consciente de ne pouvoir tout quitter, pour cause de bienséance. L'habitude la tue, l'ennui la consumme et la trahison, fatalement, la détruit. A petits feux, cette histoire nous brûle et nous emporte. L'orage va gronder, mais quelle issue ?.. Absolument envoûtant, terrible et irréversible !
11:29 Publié dans Premier roman, Roman francophone | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note
Je ne reviens pas sur l'histoire du roman qui, comme beaucoup le souligne, doit garder son aura de mystère pour préserver son intérêt. La