26 février 2006
L'enfant des illusions - Kathy Hepinstall
Evitez de lire les résumés - quatrièmes de couverture - etc ... !
Ce roman est passionnant ! Dès les premières pages, impossible de le lâcher jusqu'au dernier mot, au point final. La voix de la narratrice, Martha, nous entraîne dans sa fuite en avant. Elle part, elle quitte son mari qui la juge folle, elle s'en va avec leur fils de six ans, Duncan. Ils vont se réfugier dans une grotte, en plein désert, à plus de mille kilomètres. Pour fuir quelque chose ? Dans une tentative désespérée de vouloir sauver son enfant ? C'est seulement en toutes petites touches qu'on apprend qu'il s'est passé un événement tragique qui a provoqué ce déferlement, mais le principe d'en dire peu mais suffisament incite bien évidemment à vouloir découvrir la suite ! Procédé très réussi, en plus de cet amour maternel bouleversant, le roman de Kathy Hepinstall est à ranger dans les plus fascinantes réussites des intrigues à suspense psychologique ! Ou alors l'auteur possède un talent de romancière épatant ! J'étais scotchée, un peu désolée d'avoir fini déjà, mais j'ai halluciné sur la fin ! C'est à cela qu'on juge si un roman est réussi ou pas, dans le cas présent c'est un coup magistral !
190 pages - Paru aussi chez france loisirs sous le titre de Dors bien, mon petit prince avec cette couverture :

23:05 Publié dans Roman étranger, Suspense - Thriller - Policier | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
21 février 2006
Une vie merveilleuse - Laurie Colwin
Guido est amoureux de Holly, son cousin Vincent aime Misty. Chacun se marie, habite un joli appartement, vit dans le meilleur des mondes... Et pourtant, le but de tous dans la vie est de trouver sa moitié et d'être heureux jusqu'à la fin !? Alors ces quatre là ont également ce leitmotiv d'entretenir la flamme, de s'engager et d'avoir la vie rêvée des anges. Pas facile, on le sait, de cultiver son jardin dans l'harmonie éternelle. Il y a les petits couacs de la vie courante, des sentiments ennuyeux et ennuyants, comme la jalousie, le sentiment de n'être pas à la hauteur, la maternité, etc.
En fait, la plupart des anicroches de ces deux couples sonnent un peu d'ordre puéril, très souvent. Cela prête à sourire, mais pourtant cette Vie Merveilleuse contée par Laurie Colwin m'embarque et tend à espèrer que l'existence peut être si simple, l'Amour si élémentaire et enfantin. J'ai beaucoup aimé ce petit monde, les personnages croqués avec intelligence, les jeunes femmes (Holly et Misty) sont spirituelles, têtues, lunatiques et boudeuses. Vincent et Guido sont parfois de pauvres nigauds qui ne comprennent rien à la sacro sainte psychologie féminine.. Quelle douce illusion, quel confortable cocon. "Une vie merveilleuse" parvient à exprimer les sentiments compliqués de l'amour, comme la peur de s'engager, de s'affranchir, de se livrer en toute transparence, de devenir vulnérable, de communiquer et préserver son indépendance. L'ensemble peut paraître niais pour certains, peu crédible, mais je pense qu'il faut surtout ouvrir les bras au bien-être qu'offre ce roman : un réconfort et l'illusion d'y croire, le temps de le lire !
Sortie en poche :

12:00 Publié dans Poches, Roman étranger | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
19 février 2006
Famille, tracas & Cie - Laurie Colwin
A quarante ans, Jane Louise est une jeune épousée à Teddy, homme secret et charmant, fils de divorcés et hanté par cette enfance bâclée. Jane Louise aussi n'est pas en reste concernant ses jeunes années, aussi elle est bien décidée de s'épanouir dans le mariage. Or, très vite, des angoisses la gagnent, comme le poids de la famille, le sentiment de n'être pas celle qui convient pour Teddy, l'envie d'un enfant et son risque, et aussi son travail de graphiste dans une maison d'édition, son collègue Sven qui la harcèle, ou son amie Dita qui joue la carte de l'indifférence soudaine... En plus de l'amour infaillible de son mari, Jane Louise peut également compter sur sa meilleure amie Edie, autre spécimen en peine familiale !
Les romans de Laurie Colwin ont généralement des débuts bancals, à mon goût. Celui-ci ne déroge pas à la règle, quand j'éprouvais une certaine amertume sur l'orientation de "Famille, tracas & Cie". En fait, ce titre ne me plaît pas, il est trop hasardeux. En anglais, il s'intitulait "the big storm", terme beaucoup plus équivoque autour de l'implacation du mariage, de l'engagement, pour des jeunes gens fragilisés par leur passé. Et comme souvent chez L. Colwin, on s'embarque vers un ailleurs terriblement nostalgique (une Amérique des années 70, sur la côte bon chic bon genre du Massachussetts) et raffiné, distingué, comme l'écriture (les week-ends à la campagne, la veillée de Noël, le goût de chiner...). Car en fait dans ce roman, il ne se passe pas grand-chose au final, juste une belle histoire, "une vie merveilleuse", sans soubresauts, où juste un aperçu, vite avorté. Ce roman est bien lisse, un peu trop pour certains. Il est également totalement focalisé sur le personnage de Jane Louise, surtout vers la fin, au détriment de son mari Teddy. Mais dans l'ensemble, il y a de très pertinentes réflexions qui ont eu écho chez moi (la place de la belle-famille, la maternité, le travail, la tentation...) et pour résumer grosso-modo j'ai aimé, un peu et beaucoup. Pas mon favori, mais accro du style Colwin !
250 pages
23:12 Publié dans Roman étranger | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
17 février 2006
Marilyn, portrait d'une apparition - Marie Magdeleine Lessana
Marie Magdeleine Lessana est psychanaliste et aime Marilyn Monroe. Avec ce livre, elle a décidé que ce ne sera "ni une biographie, ni une analyse de cas, ni une enquête, mais la fusion du portrait de l'artiste et de son oeuvre : une légende". Passés les premiers chapitres qui concernent les jeunes années de Marilyn (d'un intérêt mitigé), les suivants nous plongent dans les années Fox, DiMaggio, Miller, Kennedy jusqu'à cette nuit fatale d'août 62. Ce qui m'a semblé très intéresssant dans cet énième ouvrage sur Marilyn Monroe, c'est la non-volonté de vouloir chercher qui, comment, pourquoi, plus les suppositions (et si...) à n'en plus finir. Non, les faits sont là. Marilyn était fragile, mal entourée, mal influencée et entraînée dans des milieux glauques (comme la drogue, la mafia, la politique) un peu malgré elle ! Certes, MM. Lessana suggère quelques interprétations de son cru, en bonne psychanaliste qu'elle est, pourtant elle n'épargne pas ses confrères américains qui ont vivement et trop farouchement pullulé autour de l'actrice. Par contre, je n'ai pas aimé le dernier chapitre sur l'Actor's studio, les psychanalistes et les photographes où j'ai eu le sentiment de tourner en rond et de revenir sur du déjà-vu. Car l'essentiel était dit ! Pour moi, le plus grisant était de lire tous les chapitres autour du parcours cinématographique de Marilyn, avec l'évocation du trop méconnu "Don't bother to knock" ("troublez-moi ce soir"), les secrets des coulisses, les anecdotes (un peu morbides concernant "the misfits") et d'autres détails plus intimes sur sa vie. J'ai aimé la façon dont l'auteur avait su appréhender cet ensemble, avec de l'amour, de l'admiration et une volonté de rendre grâce à cette fe
mme éclatante mais malchanceuse. Aucun regard clinique, ni journalistique, vraiment un travail de romancier (entouré de véracité). Et j'ai aimé la couverture, une photographie de Bert Stern prise durant cet été 62, d'une Marilyn souriante, confiante en un avenir différent... Par contre, le récit ne s'agrémente d'aucun cliché, du début à la fin ! Dommage.
18:40 Publié dans Biographie | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
15 février 2006
Je vais de mieux en mieux - Marie Dominique Lelièvre
Gabrielle et Pierre forment un couple parfait : ils sont beaux, ils ont une adolescente de quatorze ans, Inès, qui leur renvoient cette image de perfection, ils viennent de construire à Spero une splendide résidence qui figure dans un magazine de décoration, et Pierre est l'un des meilleurs architectes de sa génération... C'est le rêve éveillé, la vie idyllique. En façade. Car derrière cette paroi de verre, Gabrielle souffre de l'indifférence de son époux, Pierre est distant, et Inès est une jeune fille kamikaze qui n'en fait qu'à sa tête.En fait, ce roman de Marie Dominique Lelièvre relate une chronique de la vie ordinaire, d'un couple marié à qui tout semble sourire, et pourtant aveuglé par leurs désirs de paraître. Les conflits soulevés par l'éducation de leur fille éloignent davantage le couple, mais servent aussi de prétextes à des ressentiments plus latents, enfouis et refoulés. Pierre aime la rêverie amoureuse mais refuse l'amour vécu, Gabrielle a également peur (de l'abandon, d'être aimée et de grandir) et compense sa frustration dans des crises, ou des sursauts d'agressivité. Leur relation est complexe et souffre de non-communication. En somme, ce roman se fait l'étalage du mal moderne et actuel !... Au début, j'avoue avoir été fatalement fascinée, surtout par l'ambiance caniculaire de Spero et dans la grande maison blanche, isolée et silencieuse. Puis, je suis tombée de mon nuage, retrouvant les sempiternels litiges entre l'homme et la femme, notamment dans l'incapacité masculine d'éléver une enfant (adolescente, de surcroit) ou à travers cette perversion narcissique dans laquelle se drape Pierre. J'ai ressenti de l'intérêt, du malaise, de l'agacement. Solidaire ou dégoutée, j'avais envie que les choses évoluent, bougent plus vite. Mais j'ai franchement bien aimé ce roman qui décrit avec justesse les sentiments d'égarement et d'impuissance dans le couple, au gré du temps qui passe.
200 pages, Flammarion.
13:09 Publié dans Rentrée Janvier 2006, Roman francophone | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
14 février 2006
Le sablier - Sofia Guellaty
C'est l'histoire d'une jeune femme qui vit seule dans l'appartement de sa grand-mère (partie pour "un long voyage"). Tous les soirs, elle porte ses plus belles toilettes et ses escarpins et se rend au café Le Sablier pour y suivre un écrivain qui passe lui aussi son temps à se promener seul dans la rue. Fascinée, la jeune femme souhaiterait l'aborder, lui parler. L'homme demeure silencieux mais laisse des petits billets.
Au départ j'ai eu très peur de lire un premier roman délayé et proche du verbiage. L'héroïne de cette histoire est une jeune femme à qui il n'arrive rien, dont l'existence est vide. Elle se contente d'errer, de remplir ses journée à buller. Sortir, marcher, rêver sont ses trois principales mères nourricières. Et puis, je ne sais pas comment l'expliquer, ni à quel moment j'ai ressenti un changement. La petite mélodie de ce très court roman est insidieuse, presque ronronnante. Il s'agit d'un premier roman d'une jeune inconnue, originaire de Tunisie. Elle a su échapper aux pièges - effets de style ronflants, faire du sensationnel, mêler le fantasme... Ce roman se lit très vite, à peine 100 pages, et possède un charme frais et candide, très plaisant à découvrir !
Joelle Losfeld, 103 pages *** Bonne presse : La vie somnambule... & L'impossible rencontre... & Anecdotes, revue de presse, morceaux choisis.. ici ! ***
22:29 Publié dans Premier roman, Rentrée Janvier 2006, Roman francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13 février 2006
La méthode Stanislavski - Claire Legendre

Graziella Vaci est un jeune écrivain français, en résidence à la Villa Médicis à Rome. Fascinée par le criminel SAR, autrement dit "le tueur des trains", elle commence à élaborer un scénario inspiré de cette affaire, et qui finalement aboutira en pièce de théâtre, dont le projet enthousiasme le metteur en scène roumain, Vlad. De fil en aiguille, le réel et la fiction s'emmêlent, ne sachant plus déterminer leurs limites. Graziella va se trouver au coeur d'une soudaine enquête, soulevée par la mort de la jeune comédienne Serena.
Le roman, qui commençait sur les tribulations d'une romancière à Rome, parmi la cohue d'autres artistes, fondant ainsi un microcosme de créativité bouillonnante et très dilettante, s'échappe en un tour de chapitre en un roman policier, avec crime, suspects et enquêteurs à la ronde. Et la recette est efficace ! D'un vague intérêt, la lecture de "La méthode Stanislavski" dévie en une échappée belle ! Le personnage de Graziella est bougrement attachant, avec ses défauts (orgueil mal placé, égoïsme exacerbé, soif de reconnaissance, etc) et ses qualités (nature affable, généreuse et sensible, prise de doutes et d'angoisses légitimes). Son aventure romaine est une invitation au dépaysement et à une plongée dans le milieu littéraire et de l'art en général qui régale la lectrice lambda que je suis ! Une bien jolie découverte pour un roman sans prétention, mais très distrayant !
374 pages *** Conseillé par le Fig Tree de Tatiana ***
15:20 Publié dans Rentrée Janvier 2006, Roman francophone, Suspense - Thriller - Policier | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08 février 2006
Dans l'or du temps - Claudie Gallay
Claudie Gallay me surprend avec son nouveau roman, c'est décidément un écrivain qui ne se trouve jamais là où on pourrait l'attendre. "Dans l'or du temps" est un roman déconcertant, déboussolant. C'est l'histoire d'une famille qui passe ses vacances d'été sur la côte normande. Tranquillement. Un jour l'homme fait la rencontre d'une vieille dame, Alice, qui habite une belle et grande maison non loin de chez eux. Mystérieuse mais intriguante, Alice accueille les allers et venues de celui-ci sans broncher. Parfois sèchement, parfois dans le silence, mais toujours avec courtoisie. Une passion va les unir, celle de la culture des indiens Hopi. Car dans les années 40, Alice et son père ont parcouru le désert d'Arizona et fait l'acquisition de bien étranges masques et statuettes. Elle lui raconte toute cette histoire, aussi celle d'André Breton, également réfugié aux Etats-Unis à la même époque.
Comment un roman donne le sentiment de fausser ses pistes ?... En lisant celui-ci, c'est tout comme ! Je me suis sentie plusieurs fois égarée, embarquée chez les indiens ou chez Breton, aux côtés d'Alice ou du narrateur. Ce dernier met sa famille en naufrage, malgré leurs tentatives de "faire comme si". Ces vacances ont le goût salé des larmes, de la vieillesse et de l'idée de la mort. C'est très différent de "Seule Venise", son précédent roman, même si l'idée de perdition demeure commune. "Dans l'or du temps" est une expression d'André Breton, mais dans le contexte du narrateur, d'Alice et d'Anna et leurs deux filles cela paraît surréaliste et décalé. Je suis séduite par le style de l'écrivain, je lirai d'autres romans, mais ce dernier est ... insaisissable. Avec quelques passages en longueur. A lire, dans le doute.
320 pages *** A lire sur EVENE quelques pages et avis... ***
12:35 Publié dans Rentrée Janvier 2006, Roman francophone | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
06 février 2006
L'immeuble d'en face - Vanyda
Coup de génie ! Pas moyen d'en parler convenablement, mais ce livre est un coup de coeur ! Je le conseille vivement ! C'est une histoire ordinaire, une histoire d'immeuble avec ses habitants. Cela ressemble à la porte d'à côté, la vie en noir et blanc. Et cela raconte le moindre détail, comme préparer une tasse de thé, prendre son petit déjeuner, dormir, faire l'amour. C'est impressionnant de réalisme ! Aussi l'histoire de ces huit personnages est intriguante, attachante ! J'ai hâte de connaître la suite des événements !!! Vanyda est incontestablement une jeune dessinatrice de grand talent, très actuelle et qui raconte des histoires "normales", dans lesquelles on s'y retrouve ! N'attendez plus : lisez-le, achetez-le, faites un voeu !!!
| L'histoire... |
| Au 1er étage de L'Immeuble d'en face réside une mère célibataire et enceinte. Au second, un couple entre deux âges. Et au troisième un couple de jeunes amoureux, Claire et Louis. Un immeuble comme tant d'autres avec ses croisements dans l'escalier, sa solidarité et ses petites histoires, amoureuses ou douloureuses. Des tranches de vie pleines de justesse et de fraîcheur. Et tous ces liens à cliquer pour en savoir beaucoup plus !!! La boîte à bulles : la maison d'édition, avec des extraits. |
19:08 Publié dans Bédé - Manga | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
Hira Mandi - Claudine Le Tourneur d'Ison
"Hira Mandi" est un quartier de la ville de Lahore, au Pakistan. C'est aussi une version romancée de la vie du peintre Chanwaz qui a grandi entre les murs de cette cité, dite "Le Marché aux Diamants", là où les femmes dansent et chantent, parées de leurs plus beaux atours, pour attirer les hommes entre leurs bras, contre quelques roupies... La mère de Chanwaz fait partie de ces "courtisanes", l'une des plus grandes traditions familiales. Elle a vingt ans, elle est belle et attend bientôt son deuxième enfant, une fille. A son tour, Laila va devenir une "courtisane", dès l'âge de onze ans, lors d'une cérémonie de parade, dans sa robe rouge et l'anneau au nez, symbôle de sa virginité... Bref, Chanwaz grandit parmi des femmes, mais livré à lui-même. Il ne va pas à l'école, ne sait ni lire, ni écrire. Il traîne avec un camarade, touche à la drogue, tente d'aller hors de la ville, mais revient dans son quartier, son antre. Il végète, comme tant d'autres, sans argent. Puis c'est l'amour fou, pour Laila, sa soeur ! Une liaison charnelle, brûlante et envoûtante...
Et j'en passe, car bien des évènements vont suivre ! Ce roman "Hira Mandi" est une fresque haute en couleurs, intense et captivante. Elle trace également l'histoire politique du Pakistan, depuis la Partition de l'Inde en 1947. Le tout sur un fond romanesque, un peu à l'image des sagas de Régine Deforges. Claudine Le Tourneur d'Ison s'est attachée à la figure de Chanwaz dont les talents de peintre vont permettre d'afficher une autre vérité de son pays - "révéler la misère de son quartier et de ces femmes mises au ban de la société". Cet homme a poussé tout seul, sur ses ruines et ses souffrances. Son parcours est étonnant, même si je dois avouer avoir éprouvé quelque aversion pour certains détails (son amour pour sa soeur, notamment). En fait, j'ai justement apprécié la totale transparence du roman, comme de parler de la prostitution, qui était un sujet que je pensais inexistant dans un pays musulman. Les coutumes de ces femmes, revendiquées telles des règles ancestrales, ne me laissent pas indifférente, comme de préparer sa fille à la séduction dès son plus jeune âge et lui offrir une cérémonie à peine pubère ! Mais c'est intéressant, je me suis "enrichie" au cours de cette lecture que j'ai lu d'une traite. L'ambiance y est très chaude et sensuelle, quasi exigeante, exaltante mais cruelle aussi. Les sorts des uns et des autres sont poignants. Et plus que de connaître le peintre Chanwaz, j'ai plus considéré ce roman comme l'histoire des femmes du Pakistan, plus particulièrement celle des "courtisanes" du quartier de Hira Mandi. Appréciant beaucoup les romans "indiens", j'ai trouvé en celui-ci une touche différente et réaliste, tout en demeurant romanesque de bout en bout. Une manière distrayante d'apprendre un peu plus et de découvrir : un joli moment !
218 pages
15:56 Publié dans Rentrée Janvier 2006, Roman francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note