24 janvier 2006
En retard pour la guerre - Valérie Zenatti
Janvier 1991, Jérusalem vit sous la menace imminente des bombardements au gaz chimique par l'Irak. La guerre est aux portes de la ville. Le monde est en statu-quo. Constance, jeune française de vingt-cinq ans, est venue étudier en Israel et vit cette attente de façon troublante. La tension est perceptible, la ville est en effervescence mais les habitants semblent pressés de vivre "leurs derniers jours". La frénésie gagne la jeune française, un peu égarée et inconsciente du danger, mais refuse de rentrer au pays. Elle vit aussi une difficile relation avec Nathanaël, peintre psychotique, qui confond passion et harcèlement. Heureusement, sa meilleure amie Tamar la nourrit de sa joie de vivre et sa force de caractère, sans doute portée par l'enfant qui doit naître d'un moment à l'autre.
Bref, la guerre éclate. Aux cris des sirènes qui la tire du lit en pleine nuit, Constance doit prendre sur elle son affolement, la déroûte du pays, de son compagnon et de sa voisine, une certaine Anastassia Finger-Mayer. Ces signaux d'alarme sont finalement autant d'électrochocs pour la jeune fille - son petit ami est un sombre idiot, ses études ne voient pas le bout, ses parents n'ont rien compris, et elle ne peut calquer sa vie sur celle de sa copine. En clair, il faut qu'elle se bouge ! Et c'est ainsi qu'on la suit, en quelques jours, quelques semaines, dans une ville hystérique, aux heures les plus chaudes. L'auteur a vraiment su recréer le climat statique de l'époque, mêlé de doutes et d'effroi. Elle a su aussi donner un vrai charisme à son personnage, à laquelle on s'attache, ne sachant trop où elle nous mène, traînant un "traumatisme" de l'enfance qui prend son temps pour revoir le jour. D'ailleurs, il m'a semblé que la fin était un peu précipitée et louvoyante. Mais bon, ce n'est pas grave ! Pour son premier roman, Valérie Zenatti, grande spécialiste des romans pour la jeunesse (comme Elisabeth Brami), a su franchir le cap avec brio ! "En retard pour la guerre" est un régal.
188 pages
16:56 Publié dans Rentrée Janvier 2006, Roman francophone | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Commentaires
Super ! J'avais déjà complètement craqué pour "une bouteille dans la mer de Gaza", du coup je vais me jeter sur ce premier roman "adulte", merci !
Ecrit par : Cuné | 25 janvier 2006
Oui je me doutais que tu allais rebondir ! :) D'ailleurs c'est toi qui m'as donné envie de découvrir cet écrivain, alors merci à toi !!!! ;)
Ecrit par : clarabel | 25 janvier 2006
Lu, et pas enthousiaste. Je n'ai pas retrouvé "ma" Valérie Zenatti des romans jeunesse. Chuis déçue...
Ecrit par : Cuné | 26 mars 2006
Argh ! j'attends tes arguments !
Et comment est "ta" Valérie Zenatti ?????????
Ecrit par : clarabel | 28 mars 2006
Mon commentaire est prêt mais Over-blog ne veut rien savoir. Je patiente ! "Ma" Valérie Zenatti, quand elle était soldate ou qu'elle ramassait des bouteilles sur les plages de la mer de Gaza, me touchait au coeur, me faisait rire, sourire, pleurer,, serrait mon petit coeur de midinette. Là, sa Constance m'a ennuyée, je ne suis pas arrivée à la trouver sympatoche et ses atermoiements me sont passés très au large. Mais j'exagère, comme toujours, En retard pour la guerre se lit très bien, le sujet m'intéresse beaucoup de toute façon. C'est juste que je suis particulièrement exigeante avec les auteurs que j'aime.
Ecrit par : Cuné | 28 mars 2006
A bas Over-blog !!!!!!!!!!
Ecrit par : clarabel | 28 mars 2006
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