16 décembre 2005

Brooklyn Follies - Paul Auster

J'ai bien aimé, mais pas "follement". Mais il y a une qualité indéniable dans ce livre : c'est que Paul Auster est un conteur né ! Lorsqu'on ouvre la première page, on n'en décroche plus jusqu'à la fin. On suit les mots de l'auteur, mis dans la peau de son personnage Nathan Glass, homme de soixante ans, qui n'a plus que quelques temps à vivre. Alors qu'il pensait occuper ses journées mollement ou à l'écriture de son livre "sur la folie humaine", et de manière recluse et solitaire, Nathan va retrouver son neveu, Tom Wood, ancien universitaire à la carrière prometteuse, dans une bouquinerie à Brooklyn. Tous deux vont être inséparables, incluant la compagnie de Harry Brightman, le patron de Tom, qui traîne un passé sulfureux. Et de fil en aiguille, les aventures de Nathan, de Tom et de Harry vont grossir et prendre une ampleur picaresque.

L'histoire de Brooklyn Follies est faite de rencontres, d'amitiés et de rêves utopistes. Ces trois hommes vont fantasmer sur un Hôtel Existence, dans la verte campagne de New York, alors que ces trois-là sont d'indécrottables citadins. Les femmes font aussi pâles figures, des espèces d'icônes frelatées, qui tiennent compagnie quelques pages, vont et viennent en guise de décorum. Mais ce qui m'a fort chiffonnée, en fin de compte, c'est l'impression d'une fin hâtive, d'un arrangement à l'amiable, d'une combinaison parfaite pour que tout finisse bien dans le meilleur des mondes. Sans doute le spectre de septembre 2001 a influencé cette donne, histoire de penser que l'Amérique fait encore rêver, qui sait ? La dernière phrase du roman le suppose.
Bref, "Brooklyn Follies" est une assez bonne histoire, loin de "Moon Palace" ou de la Trilogie NY. Mais j'ai particulièrement aimé quand l'auteur inocule des tartines sur les histoires des grands écrivains, comme Edgar Allan Poe et Nathaniel Hawthorne. Pour le reste, il y a des hauts et des bas (comme le passage dans le Vermont ou les épisodes "Aurora"). Je pense que ce sentiment d'amertume ne sera que passager, et dans quelques temps j'aurai plus le souvenir d'avoir lu un roman foisonnant et terriblement "austérien".

364 pages

Commentaires

Comme tu le sais, c'est un roman que je trouve un peu à part dans l'oeuvre d'Auster. A la fois très différent de ce qu'il écrit d'habitude (quoique dans la lignée de "La nuit de l'oracle") et très marqué par son empreinte, bref un peu déstabilisant ! Je suis donc tout à fait d'accord avec ton analyse, y compris dans la comparaison à l'avantage de "Moon palace" et de la trilogie... C'est quand que tu attaques le dernier Grondahl ???? Toujours pas eu le courage de m'y replonger et plus je laisse le temps passer, moins j'ai envie :(((

Ecrit par : Flo | 16 décembre 2005

oui je suis d'accord avec toi sur la fin. mais j'ai bien aimé ce livre.

Ecrit par : yansor | 16 décembre 2005

J'ai beaucoup aimé ce roman d'Auster, et comme c'était mon premier je crois qu'il me reste encore de belles découvertes!!!
Si c'est le roman sous un autre jour de grondahl dont vous parlez, je n'ai pas réussi à aller au delà des 100 premières pages :(.

Ecrit par : elfe | 16 décembre 2005

Argh !!! ça promet pour le Grondahl, mais bon... COURAGE ! Je ne sais pas quand je vais le commencer, je verrai bien. Là je lis "Couleurs" de Clare Morrall.

Ecrit par : clarabel | 16 décembre 2005

Hello,
Pour le Paul Auster, dans l'ensemble, j'ai bien aimé ses "Follies" mais je suis restée sur ma faim pour la fin. Je trouve que Auster ne savait plus trop quoi faire de ses personnages. Je reste avec un arrière-goût de pas fini.
Sinon, je suis bien tentée par un séjour dans l'Hotel Existence en pleine campagne.

Ecrit par : dda | 17 décembre 2005

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