09 novembre 2005

Carmen Nevada - Alan Watt

Neil Garvin est un adolescent de dix-sept ans, champion de football dans l'équipe de l'école, qui possède toutes les qualités et tous les défauts d'un jeune de son âge. Sans scrupules, il bafoue toutes les règles, les sachant hors d'atteinte pour son statut de quaterback vedette. Mais lorsqu'un soir de beuverie trop arrosée, Neil renverse accidentellement un camarade sur la route et le tue, les choses vont très mal tourner. Pour lui, c'est la descente aux enfers, il planque le corps dans le coffre de la voiture de son père. C'est la nuit, il rentre chez lui, rentre le véhicule au garage et va se coucher. Il ne sait pas que son père, shérif de la petite ville de Carmen, près de Las Vegas, va camoufler le corps sans rien dire non plus. Entre le père et le fils, une étrange relation s'établit, déjà douloureuse depuis l'enfance. La mère de Neil est partie de la maison sans laisser d'adresse ni donner des nouvelles, le garçon avait juste trois ans. Fort marqué par cette absence et ce mystère, Neil n'en ressent pas moins du reproche pour son père, lequel ne parle jamais, préfère être violent et boire à en perdre la raison. Le rapport père/fils n'est pas tendre ni proche de la connivence. Pourtant, cette nuit tragique va rapprocher ces deux-là, même s'ils ne l'évoquent jamais, ne se risquant ni l'un ni l'autre à l'évoquer. Pour le père, Neil doit continuer le football, agir comme si rien ne s'était passé. Même lorsque le FBI intervient et rôde autour d'eux. Ils tiennent tête, même si l'adolescent devient de plus en plus fébrile.  Prêt à rompre le silence. Toutefois, dans cette intrigue, sa relation avec son père est vraiment au coeur de l'affaire, quasi déterminante. L'auteur a parfaitement réussi à nous mettre dans la peau de Neil, attentif à son histoire qu'il nous narre. L'atmosphère est pesante, pleine d'effroi et d'angoisse. Comme une cocote minute. La soupape va éclater, sûrement ou probablement ? Ce roman est captivant, de bout en bout. Impossible de le lâcher avant d'en connaître l'issue. Et jusqu'à la fin, l'auteur sait préserver son effet de surprise et d'étonnement. Un roman noir très réussi et implacable !  J'ai beaucoup apprécié.

246 pages

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