18 octobre 2005

A la recherche de Sunsarié - Lucien d'Azay

Le livre de Lucien d'Azay est étonnant et très intéressant car il sort d'outre-tombe un personnage hors du commun - Sunsarié de Larcône. Sans son tragique accident de voiture, aux côtés de Roger Nimier, un soir de septembre 1962, la jeune femme n'aurait pu s'attirer autant des lauriers de la gloire. Pourtant, ce livre montre justement qu'elle a tout oeuvré pour y parvenir et percer dans le milieu littéraire parisien des années 50. Car au-delà de cette blondeur féérique, ce sourire éclatant et cette beauté incomparable, Sunsarié avait aussi une ambition démesurée. Son atout était de plaire à tour de bras, de charmer, séduire et flatter aussi son entourage. Tous succombaient, lui ouvraient leur calepin d'adresses, l'introduisaient et lui faisaient ainsi gravir peu à peu les chemins escomptés.
C'était une jeune femme intelligente, brillante et radieuse. Mariée, mère d'un petit garçon, Sunsarié s'éparpillait pourtant auprès de ses nombreux mécènes. Son but : écrire. D'ailleurs, elle est parvenue à ses fins en publiant "La messagère" (qui n'augurait guère une prometteuse carrière d'écrivain)...
Lucien d'Azay, patiemment mais sûrement, a rencontré les bonnes personnes, chiné, fouillé les correspondances et les souvenirs des rares contemporains de Sunsarié pour arriver à un portrait au plus juste, sans demi-mesure. Aussi, Sunsarié donne cette impression d'ambitieuse déterminée, de vaniteuse, de charmeuse et d'intelligente personne. C'était une fille de son époque, l'auteur le souligne : "l'exacte représentation des années 50". Elle aimait le twist, la vitesse et l'insouciance. Quelle personnalité, n'empêche... Toutefois, sans ce livre et celui de Marie Nimier "La reine du silence, jamais Sunsarié de Larcône n'aurait autant brillé de gloire et touché les mémoires ! C'est dire. Ce livre apprend donc à la connaître et la séduction fait mouche. J'ai, cependant, moins apprécié les passages où Lucien d'Azay parlait de lui-même et de sa relation avec une certaine Esther... Faut-il lui rappeler qu'il n'est pas le HEROS de son livre, juste le dépositaire de beaux et touchants souvenirs ?...

Chez Gallimard.

Commentaires

"J'ai, cependant, moins apprécié les passages où Lucien d'Azay parlait de lui-même et de sa relation avec une certaine Esther... "

oui mais en meme temps, ça donne une touche "perso" au livre, non ?

Écrit par : tatiana | 18 octobre 2005

Et bien non - je lisais un livre sur Sunsarié de Larcône et son petit monde, pas sur Lucien d'Azay, ses déboires sentimentaux, son goût de la vitesse, lui aussi.. soulignons-le.. Je n'aimais pas cette tendance à vouloir ramener le sujet du livre à lui également ! Pas aimé, non.

Écrit par : clarabel | 18 octobre 2005

"Lucien d'Azay, ses déboires sentimentaux, son goût de la vitesse, lui aussi"

lol !

mais moi ça m'a plu, ce deballage plus intime, d'abord parce que je l'ai trouvé tres bien ecrit, ce livre, et ensuite parce que ça m'a rappelé la demarche de Modiano dans Dora Bruder.

Écrit par : tatiana | 18 octobre 2005

Ouh là ! tu lui accordes un fort potentiel avec DORA BRUDER et Modiano !.. Pour avoir beaucoup aimé ce livre-là (aussi) je me permets de mettre un bémol à ton enthousiasme ! Car moi je ne l'ai pas trouvé. :(

Mais je n'insinue pas que ce livre est mal écrit et lassant - NON ! De mon côté, les passages qui t'ont rappelé tu-sais-qui-et-quoi ont trouvé chez moi un petit sentiment d'agacement. Mais c'est pas grave, hein ? ;)

Écrit par : clarabel | 18 octobre 2005

mais moi aussi ça m'a agacée au debut, mais au fond j'ai trouvé ça bien. tu me "suis" ?
:)

Écrit par : tatiana | 18 octobre 2005

Ouiiiiiiii je te "suis" ! ;)

Mais peut-être dans quelques semaines j'aurais finalement un jugement moins lapidaire et plus clément !.. sait-on jamais ! ;p

Écrit par : clarabel | 18 octobre 2005

"un jugement moins lapidaire et plus clément !"

on peut toujours rever, hein !
:) :) :)

Écrit par : tatiana | 19 octobre 2005

Ah mais non !!! des fois "je change" ! :D

Dans un genre presque similaire, j'avais beaucoup apprécié l'initiative de Marie Nimier qui avait également associé du personnel aux mémoires de son père. Mais bon, c'était aussi une histoire de famille...

On s'embrouille, non???

Écrit par : clarabel | 19 octobre 2005

Ah mais non !!! des fois "je change" ! :D

Dans un genre presque similaire, j'avais beaucoup apprécié l'initiative de Marie Nimier qui avait également associé du personnel aux mémoires de son père. Mais bon, c'était aussi une histoire de famille...

On s'embrouille, non???

Écrit par : clarabel | 19 octobre 2005

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